L’OMS s’inquiète alors que l’Europe redémarre son industrie touristique

«60% de tous les cas de COVID-19 recensés jusqu’à présent ont été signalés au cours du mois dernier», a souligné le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Photo: Christopher Black / World Health Organization / AFP «60% de tous les cas de COVID-19 recensés jusqu’à présent ont été signalés au cours du mois dernier», a souligné le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

L’Organisation mondiale de la santé a annoncé mercredi que la pandémie continue d’accélérer à travers le monde, au moment où l’Union européenne rouvrait de façon ciblée ses frontières en plein démarrage de la saison touristique estivale.

Depuis son apparition il y a six mois en Chine, la COVID-19 a fait au moins 511 312 morts dans le monde, où plus de 10,5 millions de personnes ont été officiellement diagnostiquées, selon un décompte de l’AFP.

Mais le nombre de contaminations dépasse les 160 000 par jour depuis une semaine — la pire semaine en nombre d’infections depuis le début de l’épidémie, selon l’OMS. Et « 60 % de tous les cas de COVID-19 recensés jusqu’à présent ont été signalés au cours du mois dernier », a souligné mercredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« La meilleure façon de sortir de cette pandémie est d’adopter une approche globale », a-t-il rappelé, demandant une fois de plus de respecter les règles de distanciation, de détecter et d’isoler les cas, de placer en quarantaine leurs contacts et de porter un masque lorsque c’est nécessaire.

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Pour faciliter la lutte contre la COVID-19, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, à l’unanimité, une résolution réclamant « une cessation immédiate et générale » des conflits à travers le monde, à l’exception des combats contre les groupes djihadistes — une initiative qui ne devrait avoir que peu d’impact sur les guerres en cours, jugent les experts.

Le chef de l’OMS a indiqué que l’Italie et l’Espagne, bien que confrontées à une « situation décourageante » lorsqu’elles étaient l’épicentre de la pandémie en mars, sont parvenues à maîtriser l’épidémie grâce à une « combinaison de leadership, d’humilité, de participation active de chaque membre de la société et de mise en œuvre d’une approche globale ».

Alors que certaines régions se préparent à une deuxième vague ou à un nouveau pic, Tedros Adhanom Ghebreyesus a relevé qu’« il faut s’attendre à des flambées de cas à mesure que les pays commenceront à lever les restrictions ».

« Mais les pays qui ont mis en place les systèmes nécessaires pour mettre en œuvre une approche globale devraient être en mesure de contenir ces flambées au niveau local », et ne pas avoir besoin ainsi de « réintroduire des restrictions généralisées », a-t-il jugé.


Réouverture des frontières
 

L’ONU estime que les restrictions liées à la COVID-19 devraient se traduire ces prochains mois par un manque à gagner allant de 1200 à 3300 milliards de dollars pour le tourisme et les secteurs liés.

L’UE a autorisé les vols en provenance de 14 pays de tous les continents, ainsi que de Chine, à la seule condition que celle-ci admette sur son sol les visiteurs « non essentiels » venant de l’UE, ce qui n’est actuellement pas le cas.

Seront admis dans l’UE et l’espace Schengen les voyageurs venant des pays suivants : Algérie, Australie, Canada, Géorgie, Japon, Monténégro, Maroc, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Serbie, Corée du Sud, Thaïlande, Tunisie et Uruguay.

En sont notamment exclus les États-Unis, pays le plus touché au monde, mais aussi le Brésil, la Russie, l’Inde, la Turquie et Israël, notamment.

L’Autriche a cependant maintenu ses restrictions de déplacement avec la Serbie et le Monténégro.

D’autres pays dans le monde tentent de sauver leur saison touristique, comme l’Égypte qui, malgré plus de 1000 nouvelles infections quotidiennes depuis fin mai, a rouvert mercredi les célèbres pyramides du plateau de Guizeh.

La contagion marque le pas en Europe, ancien épicentre de la pandémie, qui poursuit son retour progressif à la normale : les cinémas et événements culturels de petite taille reprennent leurs activités en Autriche, les maisons closes rouvrent aux Pays-Bas…

Mais des foyers subsistent, notamment dans la région de Lisbonne, de nouveau soumise depuis une semaine à des restrictions pour éviter les attroupements. Dix-neuf quartiers populaires de la banlieue de la capitale portugaise sont reconfinés pour deux semaines, afin d’endiguer des contaminations reparties à la hausse.

Mardi, c’était les 600 000 habitants de l’agglomération de Leicester qui avaient été reconfinés en raison d’une flambée de cas dans cette ville du centre de l’Angleterre.

Le principal pays exclu de la liste de l’UE est les États-Unis, où l’épidémie flambe, notamment dans le sud et l’ouest, où certains États ont dû arrêter le déconfinement.

Sur le continent américain, la situation reste également inquiétante en Amérique latine et dans les Caraïbes, où le bilan pourrait dépasser 400 000 morts dans les trois mois si des mesures sanitaires plus strictes ne sont pas prises, selon l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS).

Le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Méditerranée orientale a également affirmé mercredi que plus d’un million de personnes avaient été infectées par la COVID-19 entre le Maroc et le Pakistan, une région qui a atteint un « seuil critique ». Selon les chiffres publiés mercredi par la direction régionale de l’OMS, le nombre de cas de nouveau coronavirus dans la région, qui compte 21 pays du Maroc au Pakistan, est de 1 077 706, dont 24 973 décès.

Par ailleurs, la Cisjordanie sera bouclée pour cinq jours à compter de vendredi matin en raison d’une hausse du nombre de contaminations, a annoncé le gouvernement palestinien.