Le monde passe la barre des 8000 décès

Des soldats de l’armée thaïlandaise ont été dépêchés mercredi à Bangkok afin d’asperger les lieux publics de produit désinfectant.
Photo: Lillian Suwanrumpha Agence France-Presse Des soldats de l’armée thaïlandaise ont été dépêchés mercredi à Bangkok afin d’asperger les lieux publics de produit désinfectant.

Plus de 218 624 cas d’infection ont été détectés dans 150 pays et territoires depuis le début de l’épidémie, qui a fait au moins 8943 morts, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mercredi.

La majorité des décès sont recensés en Europe (4112) et en Asie (3384). La Chine dénombre au total 80 894 cas, dont 3237 décès et 69 601 guérisons.

Les pays les plus touchés après la Chine sont l’Italie avec 2978 morts pour 35 713 cas, l’Iran avec 1135 morts (17 361 cas), l’Espagne avec 638 morts (14 769 cas) et la France avec 264 morts (9134 cas confirmés).

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie le nouveau coronavirus d'« ennemi de l’humanité » et appelle l’Afrique à « se réveiller ».

Avec au moins 684 nouveaux morts au cours des 24 dernières heures pour 78 766 cas, l’Europe est le continent où la pandémie progresse le plus rapidement.

Elle poursuit notamment sa hausse spectaculaire en Espagne, qui compte près de 600 morts. Au Royaume-Uni, où les écoles seront fermées à partir de vendredi, la barre des 100 décès a été franchie.

La planète guette « le pic » de la pandémie en Italie, qui enregistre le plus grand nombre de décès quotidiens — 475 mercredi, le bilan le plus lourd enregistré dans un seul pays en une journée — et a imposé le confinement il y a une semaine, mais les experts restent très prudents dans leurs prévisions.

Les États-Unis en urgence

Les États-Unis, qui ont beaucoup tardé à lancer les tests, comptent désormais plus de 9261 cas confirmés et 150 morts. Le président, Donald Trump, qui avait initialement minimisé l’épidémie, a adopté un ton de plus en plus grave au fil des points de presse de la Maison-Blanche.

« Toutes les générations d’Américains ont été appelées à faire des sacrifices pour le bien de la nation », a-t-il déclaré en rappelant la mobilisation des Américains pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Maintenant, c’est notre tour. Nous devons nous sacrifier ensemble, car nous sommes tous ensemble là-dedans, et nous en sortirons ensemble », a-t-il ajouté. Il s’est comparé à « un président en temps de guerre » face à un « ennemi invisible ».

Les mesures annoncées mercredi confirment ce ton nouveau : un navire-hôpital, le USNS Comfort, avec quelque 1000 chambres, doit être envoyé dans le port de New York, a annoncé Andrew Cuomo, gouverneur de l’État de New York, l’un des plus touchés par l’épidémie.

L’État de New York recense plus de 2300 cas et 20 morts, et il pourrait avoir besoin de 110 000 lits d’ici 45 jours — contre une capacité limitée à 53 000 actuellement.

Malgré des progrès ces derniers jours, beaucoup de personnes aux États-Unis, bien que symptomatiques, ne peuvent toujours pas être testées, faute de tests en nombre suffisant.

Ligne de front en Europe

Après l’Italie, l’Espagne et la France, la Belgique est entrée en confinement général mercredi, et ce, jusqu’au 5 avril. Seules sont autorisées les sorties pour aller chez le médecin, pour l’activité physique en plein air et dans quelques commerces jugés essentiels. L’Autriche et la République tchèque ont également pris des mesures draconiennes de confinement.

Le Royaume-Uni a recensé mercredi, depuis le début de l’épidémie, 104 personnes décédées après avoir contracté le virus, soit 33 de plus que la veille. Le pays a officiellement dénombré 2626 cas de patients atteints du virus, mais le service public de santé britannique (NHS) ne teste pas systématiquement tous les malades et se concentre sur les cas les plus graves, malgré les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui exhorte à « tester, tester, tester ».

En réalité, il est « raisonnable » de penser que 55 000 personnes sont atteintes, a estimé mardi le conseiller scientifique du gouvernement britannique Patrick Vallance.

Par ailleurs, la lutte contre le nouveau coronavirus constitue « le plus grand défi » qu’ait connu l’Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale, a estimé mercredi Angela Merkel, la dirigeante du pays.

« Depuis la réunification allemande, non, depuis la Seconde Guerre mondiale, il n’y a pas eu de défi pour notre pays qui dépende autant de notre solidarité commune », a déclaré la chancelière dans une adresse télévisée aux Allemands.

L’Allemagne va doubler le nombre de lits d’assistance respiratoire et transformer des hôtels et des halles en hôpitaux afin de diminuer la pression sur les services de soins intensifs.

Ailleurs dans le monde

Le Pérou a décrété un couvre-feu nocturne dans tout le pays. Pour sa part, le Chili a décrété l’état d’exception afin de permettre le déploiement de l’armée pour le maintien de l’ordre. La Turquie ferme ses frontières terrestres avec la Grèce et la Bulgarie. Israël ferme ses frontières à tous les étrangers, à l’exception des résidents. L’Afrique du Sud annonce l’interdiction pour les bateaux de croisière d’accoster dans les ports du pays.

L’Organisation internationale du travail estime que la pandémie pourrait entraîner une hausse du chômage dans le monde touchant près de 25 millions d’emplois.

Pendant que l’Europe se terre et que l’épidémie continue sa progression dans le monde, la Chine sort prudemment de son hibernation virale : le nombre de nouvelles contaminations se rapproche chaque jour de zéro et le pays commence à renouer avec un semblant de vie.

Hors de la province du Hubei, berceau de la maladie COVID-19, toujours en quarantaine, les commerces, fermés depuis plus de deux mois, rouvrent progressivement et les amateurs de tai-chi pratiquent de nouveau dans l’espace public.