L’historien russe Sokolov avoue avoir tué et démembré une ancienne étudiante

Oleg Sokolov aurait déclaré aux enquêteurs avoir tué lors d’une dispute son ancienne étudiante Anastassia Echtchenko, avec qui il avait une liaison.
Photo: Olga Maltseva Agence France-Presse Oleg Sokolov aurait déclaré aux enquêteurs avoir tué lors d’une dispute son ancienne étudiante Anastassia Echtchenko, avec qui il avait une liaison.

L’historien renommé russe Oleg Sokolov, arrêté samedi par la police russe qui l’avait sorti d’une rivière avec un sac à dos contenant deux bras de femme, a confessé dimanche avoir tué et démembré son ancienne étudiante.

Ce grand spécialiste de Napoléon était apparemment ivre lorsque les policiers l’ont sorti samedi matin de la rivière Moïka, à Saint-Pétersbourg, l’ancienne capitale impériale de la Russie, porteur d’un sac à dos dans lequel se trouvaient deux bras de femme et un pistolet d’alarme.

Selon les médias locaux, il était tombé dans la rivière où il comptait jeter des parties du corps. Son intention était de se débarrasser totalement du corps puis de se suicider publiquement, habillé en Napoléon, ajoutent les médias russes.

« Il a reconnu sa culpabilité », a déclaré à l’AFP Alexandre Potchouev, son avocat, ajoutant que l’historien de 63 ans, actuellement hospitalisé et traité pour hypothermie, regrettait son acte et était prêt à coopérer avec la police. Il doit être présenté devant un tribunal lundi qui décidera de son incarcération.

Oleg Sokolov aurait déclaré aux enquêteurs avoir tué lors d’une dispute son ancienne étudiante Anastassia Echtchenko, avec qui il avait une liaison et qui vivait chez lui, puis avoir coupé sa tête, ses bras et ses jambes pour tenter de s’en débarrasser, assurent les médias russes.

Anastassia Echtchenko, 24 ans, était également passionnée de l’ère napoléonienne et aimait comme lui porter des costumes d’époque. Après avoir été son étudiante, ils avaient continué leur collaboration et elle avait cosigné avec lui plusieurs ouvrages.

Titulaire d’une chaire d’histoire à l’université d’État de Saint-Pétersbourg, Oleg Sokolov était l’auteur de plusieurs livres dont certains traduits en français. Décoré de la Légion d’honneur en 2003, il avait aussi travaillé comme conseiller sur des films et documentaires sur Napoléon.

Il était également membre en France du conseil scientifique de l’Issep, l’école fondée par l’ancienne députée d’extrême droite Marion Maréchal, qui l’a démis de ses fonctions dès l’annonce de son arrestation.

« Étant professeur de la chaire d’histoire moderne à l’université de Saint-Pétersbourg, intervenu comme directeur d’études invité à l’École pratique des hautes études à la Sorbonne, décoré de la Légion d’honneur française, nous n’imaginions pas qu’il puisse commettre cet acte odieux », a expliqué l’Issep dans un communiqué.

Légion d’honneur

Cet admirateur de Napoléon était, selon ses étudiants, un professeur talentueux, qui parlait français et pouvait interpréter les rôles aussi bien de Napoléon que de ses généraux. Mais il leur semblait aussi « bizarre », aimant s’habiller en Napoléon et se faire appeler « Sire » ou appelant sa compagne Joséphine.

Fiodor Danilov, un de ses anciens étudiants, a expliqué à l’AFP qu’Oleg Sokolov était considéré comme un des meilleurs professeurs de l’université, mais aussi comme un homme « excentrique » qui se mettait parfois à crier en français pendant ses cours.

Sa relation avec Anastassia Echtchenko était un secret de polichinelle, a-t-il ajouté. « Mais tout le monde était OK avec ça, c’était leur affaire », a-t-il ajouté.

Certains élèves de cette université prestigieuse, où a étudié le président russe Vladimir Poutine, dénoncent toutefois l’immobilisme de l’administration alors que le comportement abusif d’Oleg Sokolov était connu.

« Ils n’ont pas fait attention à certaines choses, au fait qu’il pouvait être agressif. Il y avait une politique du silence », a déclaré à l’AFP Vassili Kounine, un autre ancien élève.

Selon les médias russes, Oleg Sokolov avait déjà frappé et menacé de mort une femme en 2008, mais n’avait jamais été poursuivi pour ces faits.

L’historien était également membre de la Société russe d’histoire militaire, une organisation dirigée par le ministre de la Culture Vladimir Medinski. Celle-ci a immédiatement supprimé toute trace d’Oleg Sokolov sur son site Internet, ont relevé plusieurs médias russes.

Il avait aussi organisé des reconstitutions historiques en Russie, au cours desquelles plusieurs milliers de figurants rejouaient des grandes batailles de l’histoire.