Une «révolution verte» va être lancée en Afrique, promet l'ONU

En attendant, on passe à table à la Villa Madama...
Photo: Agence Reuters En attendant, on passe à table à la Villa Madama...

Rome — Trois agences des Nations unies ont annoncé hier un accord pour lancer une «révolution verte» en Afrique, en stimulant la production des petits agriculteurs dans les «greniers à blé» du continent, qui pourrait ainsi mieux résister à la crise alimentaire.

«C'est un accord sans précédent, qui va ouvrir une nouvelle ère pour l'Afrique», a déclaré Kofi Annan, responsable de l'Alliance pour une révolution verte (AGRA), une ONG internationale qui soutient les petits producteurs africains.

L'AGRA et trois agences des Nations unies — le Programme alimentaire mondial (PAM), l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Fonds international pour le développement de l'agriculture (FIDA) — ont signé cet accord à Rome, lors du sommet sur la crise alimentaire.

«Le continent africain a souffert d'un abandon sur le plan des lois agricoles et il accuse beaucoup de retard. La situation doit changer et nous avons besoin d'une action rapide pour changer la production agricole et améliorer l'accès à la nourriture», a résumé l'ancien secrétaire général de l'ONU. L'AGRA est financée par les Fondations Rockefeller et Bill & Melinda Gates.

«Chaque agence des Nations unies fournira une expertise unique pour la réalisation d'une révolution verte durable d'un point de vue économique et environnemental, qui devrait mettre fin à l'éternelle crise alimentaire du continent», ont estimé les organisations signataires dans un communiqué commun.

Le principal objectif de cette collaboration est d'aider les petits producteurs et en particulier ceux qui cultivent dans des zones plutôt fertiles et ne souffrant pas de la sécheresse, surnommées les «greniers à blé» du continent africain.

Les agences de l'ONU et l'AGRA leur fourniront notamment de nouvelles variétés de semences et de plantes adaptées, et leur permettront un meilleur accès aux engrais ainsi qu'aux méthodes de «lutte contre les animaux ravageurs sans nuire à l'environnement». Les routes et les moyens de communication seront en outre «améliorés», selon le communiqué.

«Nous leur assurerons les infrastructures pour leur développement. Notre but est de faire augmenter la production agricole de 6 % par année», a affirmé M. Annan, soulignant que le but de ces interventions était de «réduire l'aide alimentaire apportée à l'Afrique».

«Les petits producteurs font partie de la solution [pour résoudre la crise alimentaire] et on peut les aider à nourrir les gens», a renchéri le président du Fonds international pour le développement de l'agriculture (FIDA), Lennart Bage.

Kofi Annan a tenu à souligner que cette «révolution verte» se ferait dans le respect de la biodiversité et s'adapterait aux réalités environnementales locales.

«Ensemble, nous pouvons améliorer considérablement la vie des petits producteurs et des paysans exposés à l'insécurité alimentaire en Afrique et contribuer ainsi à réduire la faim et la vulnérabilité», s'est félicitée Josette Sheeran, directrice du PAM.

La production alimentaire par habitant a diminué en Afrique au cours de ces trente dernières années et la productivité des exploitations africaines représente seulement un quart de la productivité moyenne mondiale.

Selon les données des agences de l'ONU, plus de 200 millions de personnes souffrent de faim chronique en Afrique et quelque 33 millions d'enfants de moins de cinq ans sont sous-alimentés.