Des stages qui transforment les vies

Mélissa Cabana en compagnie de quelques jeunes du Centro San Viator avec qui elle a travaillé en banlieue de Lima, au Pérou.
Photo: Mélissa Cabana en compagnie de quelques jeunes du Centro San Viator avec qui elle a travaillé en banlieue de Lima, au Pérou.

Les jeunes de tous les continents sont appelés à modeler leur existence en raison des bouleversements causés par les avancées technologiques, les problèmes environnementaux et les déséquilibres économiques qui caractérisent cette humanité de début de siècle. Au coeur de bien des tourmentes, ils se rencontrent et tissent des liens de solidarité d'un pays à l'autre.

Jeune stagiaire d'Oxfam Québec, Mélissa Cabana a complété il y a quelques mois un bac en science politique-relations internationales à l'UQAM. Depuis la fin de son cours secondaire, elle a effectué plusieurs stages dans des pays étrangers.

Elle décrit la manière dont s'est déroulé son parcours dans les tout débuts: «J'ai commencé à m'impliquer avec le Club 2/3 quand j'avais 15 ou 16 ans parce que j'ai toujours été intéressée par ce qui se passait dans le monde, dans les pays en développement. En cinquième secondaire, j'ai effectué un stage d'initiation de deux semaines au Pérou et c'est vraiment là que j'ai eu la piqûre. Nous sommes allés vivre durant quelques jours dans un village situé à peu près à cinq heures de route au nord de Lima. Il n'y avait ni eau ni électricité et c'était dans une zone extrêmement désertique. J'ai eu la chance de côtoyer une famille péruvienne et de partager ses conditions de vie, en compagnie d'une dizaine d'autres jeunes, pendant un peu plus d'une semaine.»

À son retour, elle participe à la marche du Club 2/3 et décide de s'intéresser à l'émission de radio que diffuse cet organisme: «J'ai joué au reporter durant cet événement et, depuis ce temps, je fais toujours de la radio pour le Club.»

Et elle a de la suite dans les idées: elle s'inscrit un peu plus tard au Cégep du Vieux-Montréal en sciences humaines-Profil monde. Elle fera alors un stage de trois semaines au Mexique dans le cadre de ses études collégiales: «Ce fut une belle expérience. Je suis allée travailler avec des producteurs de café dans une communauté autochtone.»

Elle prend une pause entre le cégep et l'université durant laquelle elle se rend oeuvrer pendant trois mois dans une radio communautaire au Paraguay sous les auspices du Club 2/3: «Le gros thème général de mon programme de radio ici au Québec et l'angle principal de l'émission, c'est la solidarité internationale jeunesse. Donc, c'était une façon de me montrer solidaire que d'aller faire de la radio avec des jeunes Paraguayens. Les conditions de vie ne sont pas les mêmes, mais on partage les mêmes préoccupations parce qu'on se montre tous inquiets du sort de la planète.»

Du bac vers la coopération

Le temps des études universitaires arrive et Mélissa demeure au Québec pendant trois ans pour finalement obtenir son bac. À la suite de quoi elle gagne le Pérou pour une période de six mois. Elle intervient alors en «édu-communication» avec des adolescents dans un quartier situé en banlieue de la capitale, Lima.

Ce fut un séjour enrichissant: «C'était un quar 2/3tier défavorisé et ce sont des jeunes qui connaissent des conditions de vie difficiles; il y avait beaucoup de gangs de rue et de trucs comme ça. Mais ce sont des ados qui ont envie de s'impliquer et de changer les choses. Ils sont présents aux tables jeunesse dans leur district et ils s'inscrivent dans le processus de démocratie participative; ils font du théâtre, de la radio, etc.»

Une fois le tour de ces expériences complété, Mélissa Cabana se penche sur le côté le plus difficile de celles-ci: «Je dirais que c'est dur de revenir au Québec après avoir passé six mois à travailler dans un bidonville. On arrive ici et, si on en a envie, on peut prendre un bain chaud avec de la mousse tous les soirs. On doit accepter le fait d'être confronté à deux mondes et, finalement, reconnaître que "moi je suis née au Québec et je dois accepter les conditions différentes dans lesquelles je me trouve".»

Elle se tourne aussi vers l'aspect le plus valorisant de ses séjours à l'étranger: «Même si nos conditions diffèrent, on a tous les mêmes objectifs au fond, tous les mêmes rêves. Qu'on soit jeune ici, au Paraguay ou au Pérou, un jeune, c'est un jeune. La jeunesse se ressemble un peu partout dans le monde.»

Voilà. Il ne lui reste plus qu'à prendre encore plus d'expérience et à atteindre la trentaine. Ce jour-là, elle rêve de devenir coopérante volontaire. Encore de la suite dans les idées et le goût du monde qui se manifestent: «Je suis présentement prise par la recherche d'emploi, mais il est certain que je me dirige vers ce domaine-là, sans savoir où je vais atterrir exactement. Ça fait partie de ma vie.»