La guerre au Liban - Les demandes d'évacuation baissent

Jeunes réfugiées canadiens se reposant hier à Larnaca (Chypre).
Photo: Agence France-Presse (photo) Jeunes réfugiées canadiens se reposant hier à Larnaca (Chypre).

Même si à peine 7900 ressortissants canadiens ont quitté le Liban jusqu'à présent, les autorités fédérales ont déjà constaté un fléchissement du nombre de demandes d'évacuation, et ce, malgré le fait que plus de 38 000 personnes se sont enregistrées auprès de l'ambassade à Beyrouth. L'équipe chargée de l'évacuation a donc annoncé hier qu'elle viendra en aide à quiconque se présentera avec un passeport canadien à compter d'aujourd'hui.

«Sur les 38 000 personnes qui se sont inscrites, il est difficile de dire combien voudront quitter le Liban. Nous avons constaté qu'il y avait moins de pression [NDLR: demandes d'évacuations] depuis quelques jours. Nous sommes probablement au sommet de la vague», ont illustré des hauts fonctionnaires fédéraux lors d'un point de presse hier. Ils ont aussi dit que les membres du personnel sur place avaient envoyé un message aux personnes enregistrées et que désormais ils ne communiqueraient plus directement avec elles. Ils ont toutefois précisé qu'il n'était pas question de quitter les lieux en laissant des gens derrière.

L'ambassadeur canadien à Beyrouth, Louis de Lorimier, a lui aussi fait savoir que l'évacuation se poursuivrait jusqu'à ce que tous les citoyens qui souhaitent quitter le Liban soient partis. «Nous allons évacuer des gens toute la semaine, a dit M. de Lorimier. La demande est moins grande. Sans aucun doute, des gens sont partis par eux-mêmes. Certaines personnes ont probablement décidé de rester.»

Quelque 1187 Canadiens ont été évacués de Beyrouth hier — c'est moins de la moitié du nombre de Canadiens évacués la veille. Quinze autres ont fui la ville de Tyr, dans le sud, avec 300 autres personnes à bord d'un navire de l'Union européenne.

Et après quelques jours de tergiversations, un bateau devrait finalement gagner le port de Tyr, demain, pour évacuer les personnes qui auront réussi à rejoindre cette ville du sud du pays. Mais le ministère des Affaires étrangères ne sait toujours pas combien de ressortissants se trouvent dans la région. Pour les Canadiens qui sont toujours pris dans le sud du Liban, Ottawa n'a également pas trouvé de solution pour leur permettre de quitter la zone. «Je ne pense pas que le Canada puisse assurer la sécurité de qui que ce soit dans le sud du Liban», a dit l'un des hauts fonctionnaires.

Les autorités canadiennes doivent donc se rabattre sur l'annonce du gouvernement israélien enjoignant tous les réfugiés à se diriger de l'est vers la côte ouest. Les responsables reconnaissent cependant que ce voyage risque d'être difficile. Ce coin du pays est en proie à de violents affrontements entre l'armée israélienne et des membres du Hezbollah. «On essaie de leur venir en aide», ont simplement dit les hauts fonctionnaires, précisant qu'aucune discussion à ce sujet n'était en cours avec les belligérants.

Et même si les opérations se déroulent rondement, les autorités fédérales se sont voulues rassurantes: elles s'assurent que les personnes qui sont transportées hors du Liban ne représentent aucun danger pour le Canada. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles on ne peut évacuer plus de 2000 à 2500 personnes par jour, selon ce qu'ont soutenu des hauts fonctionnaires fédéraux en point de presse hier. «Si nous avons le moindre doute, nous vérifions si leurs documents de voyage sont en règle et nous vérifions aussi leur identité. C'est pour cela que nous ne pouvons pas évacuer plus de gens chaque jour. Si nous avions 5000 personnes [à évacuer chaque jour], ce ne serait pas possible, donc nous limitons le nombre d'embarquements.»

Bilan partiel

Jusqu'à présent, 7900 personnes ont pu quitter le Liban. Et plus de 2800 ressortissants canadiens étaient rentrés hier, les autres étant toujours en transit. Ce chiffre évoluait rapidement puisque sept avions étaient attendus à l'aéroport de Dorval hier. De 15 à 20 % des évacués n'ont pas la citoyenneté canadienne. Ils sont notamment des résidents permanents, mais aussi des ressortissants d'autres États avec qui le Canada s'est entendu pour les faire sortir du pays du Cèdre. Des citoyens américains, brésiliens, australiens et britanniques figuraient sur la liste. Et pour l'instant, impossible de chiffrer les coûts des opérations.

Le secrétaire général de la Croix-Rouge canadienne, Pierre Duplessis, s'attend à ce que 500 à 700 des personnes qui reviennent au pays demandent de l'aide auprès des bénévoles de l'organisme. Déjà, les responsables ont reçu 560 demandes d'aide provenant des personnes rapatriées au pays.

La Croix-Rouge canadienne offre de l'hébergement pour une durée maximale de trois jours, du soutien psychologique, et quelques bénévoles qui parlent arabe s'improvisent traducteurs lorsque nécessaire. Elle concentre ses opérations à Montréal puisque les ressortissants canadiens en provenance du Liban transitent tous d'abord par la métropole québécoise. La Croix-Rouge canadienne a également ouvert des points de services à Ottawa, Toronto et Halifax.

Avec la Presse canadienne

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