«L’iroko», Mélissa Lavergne

Photo: Québec Amérique

« J’étais sortie de son local bredouille. Triste et enragée. À l’instar des percussionnistes cubaines et africaines chez elles, on m’enlevait au Québec le droit d’apprendre parce que j’étais une femme. » C’est la peur au ventre, mais décidée, que Martine quitte le bercail et s’envole vers Conakry, où l’attend une joyeuse bande de musiciens prêts à lui ouvrir leurs bras et leur coeur pour qu’elle peaufine son art. Inspirée de sa propre histoire, Mélissa Lavergne signe L’iroko, un premier roman empreint de souffrance et d’espoir. Sur fond de tension militaire, l’autrice raconte son arrivée en terre africaine, le choc culturel, le mal du pays, la chaleur écrasante, la douleur aux paumes, malmenées par la pratique, elle qui traînait avec peine le souvenir de son ex-petit ami. L’écriture de Lavergne reste toutefois peu affirmée, portée par une lourdeur syntaxique derrière laquelle nous sentons la recherche de style. Malgré ce manque de naturel, l’autrice offre un récit sincère dans lequel la déchirure qui propulse l’héroïne dans cette traversée tout comme son amour de la musique sont palpables.

 

L’iroko

★★★ 1/2

Mélissa Lavergne, Québec Amérique, Montréal, 2022, 144 pages

À voir en vidéo