«La tête pêle-mêle», Hélène Lapierre

Photo: Québec Amérique

« — Je m’appelle Françoise. Je demeure sur la rue des Érables, au 87, murmure-t-elle. Tout n’est pas perdu. Reprendre pied, lentement. Il le faut. » Mais comment quand « il n’y a plus de boussole pour la guider » ? Quand elle « meurt comme un automne. Jour après jour […] lentement. Longtemps ». Dans La tête pêle-mêle, son deuxième roman, Hélène Lapierre raconte la lente et éprouvante dégénérescence de cette femme atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle évoque sa lucidité vis-à-vis de cette déchéance, mais aussi, et avec vraisemblance, les effets sur l’entourage, sur son mari, Hubert, sur sa fille, ses amies, son petit-fils. Déjouant les règles de ponctuation, omettant régulièrement la virgule, Lapierre évoque par cette anarchie syntaxique le chaos qui s’installe dans la tête de Françoise, ses idées, ses préoccupations enchevêtrées. Le style pèche toutefois par excès de sentimentalité, laissant place à des images éculées qui atténuent la force du propos. Le tout est ponctué des mots d’Hélène Dorion qui, de sa poésie douce et enveloppante, épouse la lenteur tragique de cette maladie.

 

La tête pêle-mêle

★★★

Hélène Lapierre, Québec Amérique, Montréal, 2022, 208 pages

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