«Les sentinelles», mise en abyme

Voulant toutes deux «disparaître de la surface de la Terre», Kiki et Misery se retrouvent dans un forum afin d’inventer un monde meilleur, un pays «exempt de violence-phallocratie-colonialisme».
Photo: Hamac Voulant toutes deux «disparaître de la surface de la Terre», Kiki et Misery se retrouvent dans un forum afin d’inventer un monde meilleur, un pays «exempt de violence-phallocratie-colonialisme».

Depuis sa sortie de l’École nationale de théâtre il y a dix ans, Olivier Sylvestre a signé des pièces, des récits, des nouvelles et des traductions. Avec Les sentinelles, une pièce à neuf personnages où il est question des effets salvateurs et néfastes de la virtualité, l’auteur s’adresse aux adolescents et aux jeunes adultes. Voulant toutes deux « disparaître de la surface de la Terre », Kiki et Misery se retrouvent dans un forum afin d’inventer un monde meilleur, un pays « exempt de violence-phallocratie-colonialisme ». Puis leur utopie attire l’attention et se transforme en cauchemar, un jeu de société dont les règles sont de plus en plus brutales, une île au bord de la capitulation. N’hésitant pas à emprunter aux mythes grecs, notamment à celui d’Orphée et Eurydice, l’auteur traduit avec adresse le malaise propre à l’adolescence au XXIe siècle, l’ampleur de la dépendance et la virulence des persécutions physiques, psychologiques et technologiques qui s’exercent.


 

Les sentinelles

★★★ 1/2

Olivier Sylvestre, Hamac, Montréal, 2022, 152 pages

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