La COVID-19 bouscule déjà le Salon du livre de Québec

Quelques auteurs ont annulé leur participation en raison de la sixième vague.
Photo: Salon international du livre de Québec / Facebook Quelques auteurs ont annulé leur participation en raison de la sixième vague.

À deux jours de l’ouverture du Salon international du livre de Québec, la hausse des cas de COVID-19 inquiète nombre d’auteurs invités. À un point tel que certains ont décidé d’annuler leur visite par mesure de précaution, d’autant que plusieurs participants au Salon du livre de Trois-Rivières, tenu il y a moins de deux semaines, disent y avoir contracté le virus.

Par exemple, sur la trentaine d’auteurs affiliés aux éditions Québec Amérique qui avaient confirmé leur présence au Salon du livre de Québec, au moins trois ont changé d’idée en raison de la sixième vague de la maladie — et d’autres sont en réflexion. « On respecte cette décision. Dès le début, ç’a toujours été clair que les auteurs pouvaient annuler cinq minutes avant leur venue. On veut que tout le monde soit à l’aise », insiste Nathalie Ranger, directrice de la mise en marché de la maison d’édition. Elle appelle d’ailleurs le public à redoubler de vigilance.

Lors du rendez-vous littéraire, qui se tient au Centre des congrès de Québec à partir de mercredi, aucune restriction quant au nombre de visiteurs ne sera imposée, mais le masque y sera obligatoire en tout temps. Ces mêmes règles étaient en vigueur à la fin mars à Trois-Rivières, dont le salon du livre s’est tout de même conclu avec plusieurs cas de COVID-19.

Dès le début, ç’a toujours été clair que les auteurs pouvaient annuler cinq minutes avant leur venue. On veut que tout le monde soit à l’aise.

« Il y en a eu comme partout ailleurs, j’ai l’impression. Durant le salon, nous avons respecté les règles de la Santé publique de manière exemplaire. Tous les auteurs et tous les visiteurs portaient le masque. Cela dit, c’est vrai que les auteurs allaient ensemble au restaurant et au bar après le salon », se défend Éveline Charland, codirectrice générale du Salon du livre de Trois-Rivières, qui reste d’avis que la sixième vague n’est pas une raison suffisante pour annuler celui de Québec.

Après mûre réflexion, l’auteur nord-côtier Gérard Pourcel a tout de même préféré annuler sa visite dans la capitale, où il devait faire la promotion de son plus récent livre biographique, De Pessamit à Jérusalem : une Innue raconte. « C’est une décision personnelle. J’aurais été hébergé chez des membres de la famille immunodéprimés. Je ne veux pas risquer de les contaminer en m’exposant dans une foule », explique l’écrivain de 74 ans, quatre fois vacciné.

Celui qui a déjà dirigé le Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean comprend la délicate situation dans laquelle se trouvent les organisateurs de celui de Québec. « Je ne sais absolument pas comment je réagirais. Le reporter serait un problème énorme du point de vue financier. Ça peut mettre en cause la survie d’un organisme, comme il y aurait toutes sortes de dépenses supplémentaires, mais aucun revenu », illustre-t-il.

Les organisateurs du Salon international du livre de Québec n’ont d’ailleurs aucunement l’intention de reporter — et encore moins d’annuler — l’événement. Outre le masque et la désinfection des mains obligatoires, aucune règle supplémentaire ne sera édictée, maintient-on, à moins d’un avis contraire de la Santé publique. Pas question d’imposer des jauges, donc, sauf si les autorités le réclament.

« On aurait pu croire que ce qui se passe en ce moment découragerait la population de venir, mais pas du tout. Tout porte à croire qu’il va y avoir beaucoup de monde cette fin de semaine ; on a déjà vendu beaucoup de billets », maintient le directeur général du salon, Daniel Gélinas, qui cache mal son enthousiasme à deux jours du coup d’envoi de la première édition en personne du rendez-vous littéraire depuis le début de la pandémie.

Selon l’organisation, pour le moment, seulement deux auteurs ont été forcés d’annuler leur venue parce qu’ils avaient contracté la COVID-19. On se prépare à quelques autres annulations pour cette raison, vu la situation sanitaire au Québec, mais somme toute, on anticipe une édition 2022 presque normale. Quelque 15 000 élèves du primaire et du secondaire sont entre autres attendus à partir de mercredi pour l’événement qui se clôturera dimanche.

À voir en vidéo