Quand les grandes voix s’illustrent

Une planche de «Quand les hommes vivront d’amour», illustré par Pierre Pratt
Photo: Éditions Les 400 coups Une planche de «Quand les hommes vivront d’amour», illustré par Pierre Pratt

Sur les pages des beaux livres de la nouvelle collection Les grandes voix, les mots de David Goudreault et de Raymond Lévesque s’échappent, courent sur les murs ou sautent dans les champs, à travers les illustrations de Laurent Pinabel et de Pierre Pratt.

C’est un peu l’esprit de l’initiative lancée par Les 400 coups ce mois-ci. Faire de textes, de poèmes ou de chansons d’importance majeure des œuvres illustrées qui leur permettent de prendre leur envol.

Les 400 coups ont eu recours respectivement à Pierre Pratt, pour illustrer Quand les hommes vivront d’amour, de Raymond Lévesque, et à Laurent Pinabel, pour illustrer le texte J’en appelle à la poésie,de David Goudreault.

Ce sont bien sûr des univers complètement différents, comme le seront sans doute les autres titres à venir de la collection. Mais tous ces textes portent comme des coups de poing, un appel à réfléchir.

« Il faut que ce soit des textes qui ont un potentiel de discussion, qui peuvent animer une réflexion sur l’humanité », dit l’éditeur des 400 coups, Simon de Jocas.

C’est dès son arrivée comme propriétaire de la maison d’édition, en 2014, que l’éditeur a eu l’idée de cette collection. Mis au fait qu’il manquait d’ouvrages de ce genre pour les élèves du secondaire, il décide d’en faire plutôt une collection pour adultes, quitte à ce qu’elle « descende » ensuite sur les tables des élèves du secondaire. « On m’avait montré un livre fait à partir du texte Le déserteur, de Boris Vian, en me disant que c’était le genre de livres qui manquait dans les écoles secondaires », se souvient-il. Après réflexion, Simon de Jocas en est venu à penser que Raymond Lévesque représentait une sorte de Boris Vian québécois.

Ensuite, en écoutant la radio, il entend David Goudreault « slammer » J’en appelle à la poésie et décide d’en faire le deuxième titre de la collection. Malheureusement, Lévesque n’a pas pu voir le livre terminé, puisqu’il est décédé en février 2021.

Des textes puissants

« Pour moi, les textes doivent être puissants, indique Simon de Jocas. Il faut qu’ils aient la possibilité de laisser une trace. Il y en a qui ont déjà laissé une trace. »

Le prochain texte sur le radar de Simon de Jocas, une chanson, est Hymne à l’espoir, de Lise Aubut et Édith Butler, qui est par ailleurs chantée à travers le monde, en espagnol, en hébreu, en allemand et en arabe…

« Quels seront les prochains textes ? La question est ouverte », lance Simon de Jocas, qui dit s’intéresser au Speak White de Michèle Lalonde. Pour l’instant, les textes choisis sont écrits par des Québécois ou des Franco-Canadiens, mais il n’est pas exclu que la collection s’aventure ailleurs. Pourquoi pas des discours de Martin Luther King ou de Desmond Tutu ? propose l’éditeur.

Avec cette collection, Les 400 coups veulent aussi rompre avec leur image « hypercatégorisée » de littérature jeunesse et n’hésitent pas à aller chercher des illustrateurs, ou des tagueurs, qui n’ont jamais travaillé pour la maison d’édition. « Pour chaque projet, on essaie de créer un duo gagnant », dit M. de Jocas. 

J’en appelle à la poésie / ​Quand les hommes vivront d’amou

David Goudreault, illustrations de Laurent Pinabel, Les 400 coups « Les grandes voix », Montréal, 2021, 48 pages

​Raymond Lévesque, illustrations de Pierre Pratt, Les 400 coups « Les grandes voix », Montréal, 2021, 72 pages

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