Les lauréats Chen, Giroux, Langlais et Choinière

L’Académie des lettres du Québec remettait mardi soir ses prix littéraires en roman, poésie, essai et théâtre.
Photo: Photomontage Le Devoir L’Académie des lettres du Québec remettait mardi soir ses prix littéraires en roman, poésie, essai et théâtre.

L’Académie des lettres du Québec remettait mardi soir ses prix littéraires, saluant ce qui à ses yeux s’est fait de mieux en 2021 en roman, poésie, essai et théâtre. La romancière Ying Chen a été couronnée, ainsi que Tania Langlais en poésie, Dalie Giroux pour l’essai et Olivier Choinière en théâtre.

Ying Chen est une autrice qui écrit régulièrement, dont l’œuvre est solide et pourtant rarement saluée par les prix — sinon L’ingratitude (Leméac), livre multiprimé de 1995. Voilà que Rayonnements (Leméac) est reparti avec les lauriers du prix Ringuet du roman. L’autrice s’y intéresse à « Marie Curie et sa fille Irène, elle aussi scientifique », comme l’écrivait Dominic Tardif en nos pages. « Mais comme dans Blessures, son précédent roman épousant la trajectoire du médecin Norman Bethune, l’écrivaine se tient judicieusement à distance du ton du roman historique pour mieux fouiller la vie intérieure de ses personnages empruntés à la grande histoire. »

En poésie, c’est Tania Langlais, sortie, avec Pendant que Perceval tombait (Les Herbes rouges), de onze ans de silence en édition, qui a été saluée du prix Alain-Granbois. À sa sortie, le critique du Devoir Hugues Corriveau soulignait que « saisir ce qui unit cette tombée de Perceval et ce suicide par noyade de Virginia [Woolf], voilà le travail sous-jacent de la poète, cernant la mort, cherchant un sens. Ce très beau recueil nous tend, avec une grande pudeur, des visages de la mort lente ou brutale, des disparitions. »

Ce sont les questions douloureuses posées dans L’œil du maître. Figures de l’imaginaire colonial québécois (Mémoire d’encrier) par Dalie Giroux que le jury du prix Victor-Barbeau de l’essai a retenu cette année. « Pourquoi est-ce que dans l’imaginaire politique républicain de l’élite québécoise, le fait de s’allier aux peuples autochtones (et à la perspective féministe, et à l’antiracisme, et à l’imaginaire queer, et au multiculturalisme), nuirait-il à l’émancipation des Francos ? » s’y demande la philosophe.

Pour le prix Marcel-Dubé du théâtre, le jury a penché aussi vers la philosophie, en élisant Zoé (Atelier 10), d’Olivier Choinière. Un texte qui renvoie surtout des questions, comme le notait Marie Labrecque dans sa critique en nos pages du spectacle. « Pour illustrer les différentes perspectives, Choinière répète souvent, en début de scène, un dialogue en changeant le ton ou la conclusion, tout en modifiant la disposition des deux personnages […] Le spectacle paraît lui-même tendu entre l’individuel, l’intimiste et le collectif. »

Les prix de l’Académie des lettres du Québec sont dotés d’une bourse de 1500 $, d’une œuvre de Rober Racine et d’une adhésion au Centre québécois du P.E.N. international.

À voir en vidéo