Spray

On ne l’espérait plus, on le croyait disparu, Spray, dit « le tagueur fou », tapi « dans » le pont Jacques-Cartier. Dame ! C’est en 1993 qu’il sortit la tête dans la revue Iceberg ! Seulement voilà, Cédric Loth avait trop de vies à vivre pour s’occuper de son personnage : caricaturiste, peintre, concepteur de pubs, génial partout, pourquoi se limiter ? L’évolution de l’espèce Loth le ramène aujourd’hui à son vaporisateur, et l’attente est plus que récompensée : l’œuvre éclabousse, explose, dégoûte et laisse pantois d’admiration. Ce graphisme qui n’a peur ni du grotesque ni du cauchemar (pensez au Blast de Larcenet, à du Fellini exponentiel) permet de discourir sur la régression de l’humanité tout en racontant les tribulations dudit Spray, cet enfant qui voulait voler, devenu survivant des bas-fonds et espoir du monde. Truculence et horreur, tendresse et terreur, pauses poétiques et course-poursuite infernale (jamais vu une bédé bouger autant), tout est là. Même un happy end.

 

Spray

★★★★

Cédric Loth, Mosquito, Saint-Égrève, 2019, 102 pages