L’écrivain québécois Gilles Jobidon lauréat du Prix des cinq continents

Le Prix des cinq continents de la Francophonie a été décerné mardi à l’écrivain québécois Gilles Jobidon.
Photo: Jean-Michael Seminaro Le Prix des cinq continents de la Francophonie a été décerné mardi à l’écrivain québécois Gilles Jobidon.

L’écrivain québécois Gilles Jobidon a remporté mardi le Prix des cinq continents pour son dernier roman, Le tranquille affligé, paru aux Éditions Leméac. Le tranquille affligé, son cinquième ouvrage, raconte notamment l’histoire de Jacques Trevier, un jésuite défroqué, qui vit au XIXe siècle en Chine.

Ce roman à la langue travaillée a séduit le jury de ce prix chapeauté par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). « C’est véritablement un chef-d’oeuvre ouvré. C’est ce qui a convaincu les membres du jury », disait mardi Lise Bissonnette, qui est membre du jury depuis la création du Prix des cinq continents en 2001. Mme Bissonnette parle de la « communauté d’esprit » du jury du Prix des cinq continents, qui recherche non seulement de bons romans, mais un travail appuyé sur la langue. « C’est un beau roman et c’est un objet littéraire », dit-elle.

C’est la deuxième fois qu’un écrivain du Québec remporte ce prix, accordé à un ouvrage en français. Il avait été décerné en 2011 à Jocelyne Saucier pour Il pleuvait des oiseaux, qui a été porté récemment au grand écran.

Le Prix des cinq continents est accompagné d’une bourse de 10 000 euros ainsi que d’une tournée de promotion d’une année à travers la francophonie. Lise Bissonnette rappelle d’ailleurs que ce prix a servi de tremplin à plusieurs auteurs, dont Jocelyne Saucier, mais aussi Alain Mabanckou, qui l’a gagné pour Verre cassé, en 2005.

Chaque année, depuis 2001, des éditeurs de tous les pays de la francophonie sont invités à soumettre des oeuvres à des comités régionaux. Le jury se penche ensuite sur une sélection de dix livres finalistes. Parmi les membres du jury de 2019, on retrouvait entre autres Jean-Marie Gustave Le Clézio, Vénus Khoury-Ghata, Ananda Devi, Hubert Haddad, Lyonel Trouillot et Jean-Marc Turine, qui a été récompensé du prix l’an dernier pour son roman La Théo des fleuves.

Quoi qu’il en soit, Lise Bissonnette déplore le fait que la reconnaissance de ce prix, notamment dans les médias, ne se compare pas à celle d’un prix Booker, par exemple, qui rayonne dans les pays du Commonwealth. « Peut-être que la littérature française est davantage centrée sur la France ? » se demande-t-elle. Mme Bissonnette se réjouit par ailleurs de la multiplication des maisons d’édition francophones, notamment en Afrique, ce qui permet entre autres aux auteurs de la francophonie africaine de ne pas attendre les Gallimard de ce monde pour se faire publier.

Une mention spéciale du jury du Prix des cinq continents a été accordée au roman Après la mer, de l’écrivain français Alexandre Ferraga.