«Trois contes très racontables»: les innombrables promesses des mots

Les histoires, ludiques et joyeusement désordonnées, abritent une multitude de trésors, offrant à la fois leçons, rires et un appétit insatiable pour les mots et leurs innombrables promesses de jeux.
Photo: Seghers jeunesse Les histoires, ludiques et joyeusement désordonnées, abritent une multitude de trésors, offrant à la fois leçons, rires et un appétit insatiable pour les mots et leurs innombrables promesses de jeux.

Margaret Atwood a compris depuis longtemps que suivre les conventions et la voie toute tracée par les plus grands n’est pas toujours le chemin le plus rapide vers le succès et le bonheur. C’est pourquoi, lorsqu’elle s’adresse aux tout-petits, il y a très peu de chance d’y croiser les proverbiales marâtres et autres princes charmants.

Dans chaque page de Trois contes très racontables se glissent le regard pétillant, la réjouissante malice et l’imagination espiègle de l’auteure de La servante écarlate, offrant aux enfants un univers exalté et coloré, peuplé de héros attachants et insolents, à leur hauteur.

Dans Ramsay le rustre et les Radis rugissants, le petit Ramsay fuit sa résidence avec Ralph, le rat au nez rouge, dans l’espoir de trouver un meilleur repas que les éternels raviolis ridés, riz raboteux et rhinocéros à peine rosés servis chez lui.

Bob le bileux et Dorinda la déprimée doivent pour leur part déjouer un drame lorsqu’un buffle désorienté saute la barrière du jardin botanique. Enfin, Vanda la vagabonde est kidnappée par la veuve Vallop après la disparition de ses parents dans un vortex. Armée de son courage, elle devra se venger et échapper à la vertigineuse laverie et à ses lavages sans fin.

Les histoires, ludiques et joyeusement désordonnées, abritent une multitude de trésors, offrant à la fois leçons, rires et un appétit insatiable pour les mots et leurs innombrables promesses de jeux.

Atwood réalise des prouesses vertigineuses avec les allitérations — chapeau aussi à la traductrice, Michèle Albaret-Maatsch —, faisant de lalecture à voix haute un véritable régal.

Les illustrations minutieuses et expressives de Dusan Petricic, bien qu’en noir et blanc, regorgent de détails rigolos et évocateurs qui attirent le regard et aideront les plus petits à mieux comprendre les expressions parfois un peu compliquées.

Extrait de «Trois contes très racontables»

Vanda était une enfant vivace avec des cheveux vaporeux et des yeux vairons. Elle vacillait encore sur ses pieds quand un mystérieux vortex lui vola ses vigilants et vertueux parents. Après quoi, Vanda vagua de-ci, de-là, vêtue d’une vieille veste vintage en viscose bien trop volumineuse pour elle, en se demandant quand elle les verrait à nouveau.

 

Trois contes très racontables

Margaret Atwood, traduit de l’anglais par Michèle Albaret-Maatsch, Seghers jeunesse, Paris, 2019, 128 pages