«L’homme de l’ombre»: meurtre mystère

L’auteur Laurent Turcot
Photo: Hurtubise L’auteur Laurent Turcot

Un meurtre s’est produit à Québec, le 17 février 1770, au cœur d’un hiver rigoureux comme la ville en connaît, dans cette Province of Quebec désormais sous l’emprise britannique. Pierre Dubois, l’homme qui découvre la victime et qui, sans réfléchir, va jusqu’à s’emparer d’un objet trouvé sur le corps du défunt, devient donc le suspect idéal dans ce premier roman de Laurent Turcot, L’homme de l’ombre.

Mais l’officier de la Royal Artillery — l’armée est alors omniprésente sous le régime anglais — mandé sur le lieu du crime se trouve à être un ami de Dubois et va l’aider dans sa démarche pour trouver le coupable. S’ensuit pour ce dernier une série de rencontres d’individus à différents stades de la sphère sociale, dont une prostituée, qui le dirigeront vers des pistes comme des obstacles. Certains voudront même avoir sa peau.

Tout se passe avec en filigrane la présence d’un groupe très actif de francs-maçons, aux premières loges du gouvernement. Dans ce récit qui se trame en pays conquis, l’auteur met en scène des personnages qui naviguent entre la soif de pouvoir, la recherche de la vérité, enfin d’une vérité, et la corruption. Corruption qui gangrène l’armée et l’administration. Ça ne s’invente pas…

L’intrigue, assez bien ficelée, illustre une époque où les pendaisons sur la place publique, notamment, tenaient lieu de spectacles. Le livre de Turcot fait d’ailleurs une large place aux passages historiques. De cela, on en prendrait davantage.

L’auteur, communicateur et professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières mentionne son souci de rigueur pour les faits, mais aussi qu’il s’est permis « d’inventer quelques éléments ». C’est bien là le charme de ce genre littéraire : un zeste de fiction sur un canevas de réalité.

L’homme de l’ombre, Québec 1770, tome 1

★★★

Laurent Turcot, Hurtubise, Montréal, 2018, 330 pages