«Arrivés à bon port»: à bon port de tête

En 1911, Québec compte un peu plus de 78 000 habitants. Au port, plus de 162 000 immigrants arrivent en cette seule année. De 1900 jusqu’à la Grande Guerre, ce port voit passer près de 1,5 million de nouveaux venus, dont une majorité viennent tenter l’aventure américaine. En 1911, le gouvernement canadien confie à un studio de photographes animés par William James Topley le soin de documenter, à des fins publicitaires, cette déferlante humaine. Bien sûr, les photos du studio sont orientées en fonction de cet objectif de promotion de l’immigration. Mais au-delà de leur fonction de propagande, ces photographies constituent des documents uniques pour comprendre la condition des nouveaux venus. Dans Arriver à bon port, immigrer en Amérique en 1911, André Leblanc plonge dans ces documents de Topley et dans quelques autres du même type afin de tisser un récit construit autour de la figure imaginaire de Pierre Lebel, 11 ans, assistant de William Topley. Pierre nous raconte ce qu’il voit. Mais pour que nous puissions voir avec lui, était-il nécessaire de travestir certaines de ces images en les rehaussant de tons ocre ?

Arrivés à bon port

★★★

André Leblanc, Les 400 coups, Montréal, 2018, 55 pages