La fille qui brûle, Claire Messud

Dans ce sombre et captivant roman d’apprentissage, Claire Messud rend avec intensité et sensibilité les émois, l’intempérance et les contradictions de l’adolescence, se faisant la porte-parole d’une intime et universelle angoisse exacerbée par la vulnérabilité que supposent les réseaux sociaux et la transformation du regard des autres sur un corps et un esprit en changement. Julia et Cassie, âmes soeurs depuis l’enfance, s’apprêtent, avec l’entrée au secondaire, à prendre pour la première fois un chemin différent. Alors que la première trône au sommet des palmarès, la seconde s’altère de plus en plus au contact de fréquentations douteuses. Julie, impuissante, observe son amie lui échapper, jusqu’à ce qu’elle disparaisse pour de bon. Avec sa plume engagée et franche, par moments un peu trop mature pour la jeune narratrice, l’auteure tire profit des non-dits propres à la puberté pour auréoler son récit de mystère, plongeant le lecteur dans une ambiance étrange et féerique teintée d’un soupçon de solitude. Troublant et éloquent.

La fille qui brûle

★★★

Claire Messud, traduit de l’anglais par France Camus-Pichon, Gallimard, Paris, 2018, 256 pages