«Il savait que je gardais tout»: Anne Pingeot et le chasseur séducteur

Anne et François à Massevaques, dans le sud de la France, en 1973
Photo: Gallimard / France Culture Anne et François à Massevaques, dans le sud de la France, en 1973

Il était un « chasseur séducteur, auquel on ne peut pas résister ». En même temps, pour Anne Pingeot, il était merveilleux de pouvoir aimer « quelqu’un qu’on admire ». « Cela doit être tellement triste d’aimer quelqu’un qu’on n’admire pas », dit-elle dans l’entrevue qu’elle a accordée en octobre 2016 à l’historien et homme politique Jean-Noël Jeanneney sur les ondes de France Culture.

Cette année-là a marqué le centenaire de la naissance de François Mitterrand, son amant, le père de sa fille, la romancière Mazarine Pingeot, et le vingtième anniversaire de la mort de l’illustre chef d’État, dont la correspondance amoureuse qu’il a tenue avec Anne Pingeot a été rassemblée en 2016 dans une brique intitulée Lettres à Anne. Cette mise à nu d’un amour interdit a été le prétexte d’une série d’entrevues posées aujourd’hui sur le papier.

Confidences sur l’intimité dévoilée, incursion dans une histoire d’amour traversée par un demi-siècle d’histoire, cette conversation qui oscille entre la gravité du propos, le doux bonheur du souvenir ressuscité, l’incursion dans la vie privée d’un grand homme et les réflexions sur l’art, la culture et la politique, offre surtout un regard singulier sur une relation secrète dont le caractère extraordinaire s’expose ici en toute simplicité.

Il savait que je gardais tout

★★★ 1/2

Anne Pingeot, entretiens avec Jean-Noël Jeanneney, Gallimard/France Culture, Paris, 2018, 124 pages