«Sur un mauvais adieu»: le nouveau Michael Connelly met les bouchées doubles

Michael Connelly pourrait presque avoir écrit cette histoire en faisant autre chose tellement ses deux personnages principaux ont pris leur vitesse de croisière avec le temps.
Photo: Charley Gallay/Getty Images for Amazon Studios/AFP Michael Connelly pourrait presque avoir écrit cette histoire en faisant autre chose tellement ses deux personnages principaux ont pris leur vitesse de croisière avec le temps.

Harry Bosch n’est plus membre du LAPD mais, évidemment, il n’arrive pas à décrocher et il accepte un poste de « flic de réserve » en banlieue de la mégalopole, à San Fernando. Comme les budgets sont minuscules, Bosch accepte même d’y travailler gratuitement quelques jours par semaine sans compter ses heures. En ajoutant quelques petites enquêtes privées ici et là, le policier y trouve son compte.

Le SFPD le charge bientôt de l’enquête sur un violeur en série surnommé le Screen Cutter puisqu’il s’introduit chez ses victimes en découpant les moustiquaires.

En parallèle, Harry accepte aussi une étrange mission de Whitney Vance, un milliardaire en fin de vie : trouver son héritier… s’il existe bien sûr. L’affaire est risquée et plusieurs sont sans doute prêts à tout pour mettre la main ne serait-ce que sur une partie de la fortune de Vance. Comme par hasard, le milliardaire est assassiné quelques jours plus tard…

Sur un rythme effréné, le lecteur suivra Bosch dans ces deux enquêtes. Dans la plus grande discrétion, Harry remonte d’abord brillamment la piste de l’héritier en se servant de ses contacts : il trouve une mère abandonnée, un fils adopté puis même deux héritières directes. Pour faire valoir leurs droits, il fera appel à Mickey Haller, l’avocat à la Lincoln que Michael Connelly s’amuse à faire travailler avec Bosch.

Mais c’est l’autre affaire qui tiendra le lecteur en haleine puisqu’une collègue de Bosch est enlevée par le violeur ; il lui faudra en fait beaucoup d’astuce et surtout beaucoup de chance pour la délivrer.

Michael Connelly pourrait presque avoir écrit cette histoire en faisant autre chose tellement ses deux personnages principaux ont pris leur vitesse de croisière avec le temps. L’intrigue est palpitante, bien menée, le rythme est exceptionnellement rendu par le traducteur, mais on est bien loin du Poète, d’Echo Park ou des Égouts de Los Angeles

Extrait de « Sur un mauvais adieu »

« Le testament qu’il avait rédigé, et vous avait demandé de m’envoyer, laissait entendre très clairement que j’en avais trouvé un [héritier] et qu’il était vivant. Mais nous n’avons jamais reparlé de tout ça après le jour où je suis allé le voir à la propriété.

 

Forsythe fronça les sourcils comme si elle avait du mal à suivre ce qu’il lui racontait.

 

— Eh bien, je ne sais pas, dit-elle. Vous dites avoir appelé le numéro qu’il vous avait donné et y avoir laissé des messages. Que lui disiez-vous ?

 

Bosch ne lui répondit pas. »

Sur un mauvais adieu

★★★

Michael Connelly, traduit de l’américain par Robert Pépin, Calmann-Lévy « Noir », Paris, 2018, 434 pages