Les écrivains du vin, Marc Lagrange et Philippe Lorin

Ils ont levé le coude et trempé leurs lèvres dans le divin nectar : blanc sec de Montrachet pour Apollinaire, Jurançon pour Colette, vin de Vouvray pour Balzac.

Dans Les écrivains du vin, Marc Lagrange et Philippe Lorin trace le lien étroit qui lie une trentaine d’écrivains français à la dive bouteille. L’expression est d’ailleurs de Rabelais, lui-même féru de vin breton, cépage cabernet franc. Le père de Gargantua prône l’ivresse plutôt que l’excès. « Celle d’apprendre, d’aimer, de lutter contre la bêtise, d’être — et non d’avoir — un corps. L’ivresse de vivre », écrivent les auteurs. Si Pline l’Ancien disait « In vino, veritas » (dans le vin, la vérité), l’alcool a aussi bercé bon nombre de fictions. Et on cherchera désormais les relents de vin d’Yquem dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, les effluves de châteauneuf-du-pape dans les Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet ou les effets du chablis dans les Contes d’une grand-mère de George Sand.