«Yves, fidèle à lui-même»: tout le monde s’arrache Yves!

Case tirée de «Yves, fidèle à lui-même»
Photo: Éditions Pow Pow Case tirée de «Yves, fidèle à lui-même»

Signe qu’il y a toujours de l’espoir, même pour les cas désespérés, Yves, le pire dragueur de toute l’île de Montréal, est désormais en couple. Bravo mon chum ! Révélé en 2010 dans Yves, le roi de la cruise, le Roger Bontemps imaginé par Alexandre Simard goûte enfin au parfait contentement conjugal avec la gentille Danielle.

Mais pourquoi donc toutes ces filles lui font-elles les yeux doux ? Propositions indécentes dans la rue, questions pas innocentes du tout de la caissière à la quincaillerie, clins d’oeil coquins de la nouvelle voisine : on s’arrache le pauvre Yves, qui n’y comprend absolument rien. Vous pouvez bien sûr compter sur son simplet (et hilarant) ami Michel pour lui expliquer comment les phéromones que dégage l’homme heureux appâtent le sexe opposé (soupir).

Comédie en apparence banale sur les aléas d’un couple cherchant à survivre à la fin de ses jours de passion, Yves, fidèle à lui-même raconte un monde plutôt déprimant où même les bons gars ne savent résister à la pression sociale du sexe qu’il faudrait avoir avec le plus de partenaires possible. Comme dans l’univers d’un Ricardo Trogi période Horloge biologique, les femmes ne souhaitent ici que nidifier, pendant que les hommes se convainquent qu’ils regrettent leurs soirées de jeunesse dans les bars. Un portrait d’un impitoyable cynisme, adouci par le trait guilleret du dessinateur Luc Bossé.

En résumé : il en faut, de la volonté, pour ne pas écouter ses amis ni les pensées érotiques insistantes qui mitraillent notre esprit. Il en faut, de la volonté, pour choisir le bonheur. Bonne chance Yves.

Yves, fidèle à lui-même

★★★

Alexandre Simard et Luc Bossé, Pow Pow, Montréal, 2018, 224 pages