Nick Cave l’intranquille, Christophe Deniau

Première biographie française de Nick Cave, le livre de Christophe Deniau s’avère avant tout le distillat chronologique de ce qui a pu s’écrire et se dire au sujet du chanteur australien depuis la fin des années 1970. Sans style nerveux ou informations de première main — deux éléments qui ont fait du Bad Seed d’Ian Johnston (1994) le mètre étalon des « travaux caviens » —, l’ouvrage souffre de n’avoir rien de véritablement nouveau à nous apprendre sur le dernier grand rockeur épargné par la tentation nostalgique ; du moins, durant les 160 premières pages, qui couvrent un territoire déjà arpenté par Ian Johnston. On y apprend cependant, à nos dépens, que Deniau a tenté de combler les lacunes de l’entreprise par de la glose et des réflexions sans aplomb. Seul sursaut salvateur de cette biographie qui en bave par ses ellipses et par la manière dont certains événements sont introduits (la mort du fils de Cave !) : l’analyse de l’apport du chanteur au 7e art. Il aurait été là, le sujet digne d’un nouveau livre sur Nick Cave.  

Nick Cave l’intranquille

★★

Christophe Deniau, Le Castor Astral (« Castor Music »), 2018, 309 pages