La soif, Jo Nesbø

C’est comme s’il y avait deux Jo Nesbø. Celui qui met en scène des personnages limites ridiculement sublimes aux prises avec des conflits internes qu’ils arrivent mal à gérer et qui, pour la plupart, explosent (voir Du sang sur la glace). Et puis il y a l’autre, le presque double de cet increvable Harry Hole qui parvient à survivre à tout et qui doit traquer des tueurs illuminés — comme celui de son Bonhomme de neige qui vient de prendre l’affiche au cinéma — qui ne semblent d’abord là que pour le défier. C’est bien sûr au second que nous avons droit ici alors que Harry quitte son rôle de prof à l’Académie de police pour attraper un tueur sanguinaire ayant des penchants « vampiristes ». Comme à l’habitude, l’intrigue est si prenante qu’on ne pourra s’empêcher de tourner les pages et que l’on dévorera ce gros livre comme un bon Jo Nesbø vintage. Et rebelote !

La soif

★★★ 1/2

Jo Nesbø, traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, Gallimard « Série noire », Paris, 2017, 605 pages