Comment finissent les arbres, Jean-Philippe Chabot

Premier recueil d’un jeune auteur de 29 ans, Comment finissent les arbres annonce plus qu’une oeuvre à suivre. Il s’impose par son originalité caustique, sa façon de concilier souvenirs et visions pertinentes du monde actuel. Ambiance catho de la prime école avec son catéchisme, ses jeux des récréations, sa liste des amis, sa nostalgie goguenarde et sa révolte sombre contre la fatalité d’être enfant dans la gluance frappante des jours, premiers émois sensuels, tous ces aspects nous convient à une troublante visite en un pas si ancien Québec. Or, la pérennité de l’arbre, image tutélaire de Paul-Marie Lapointe appelé en épigraphe, fait figure de cette obstination à survivre dans la terre incarnée. Quand le recueil dévie vers le récit (voir les trois textes concernant les chemins pour se rendre au « pit » de sable afin d’y faire de la moto), une note, une phrase ramasse au passage le poétique. En fait, ce recueil s’attarde au mouvement, afin de saisir, dans l’ascension de l’arbre ou son ancrage, une manière de tenir tête à la vie. S’il est vrai que « le souvenir désarticule / l’enfance », retenons qu’« existent des disparitions qui oscillent dans leurs beautés diffuses ». Un très beau et bon recueil.

Comment finissent les arbres

★★★ 1/2

Jean-Philippe Chabot Éditions du Noroît, coll. « Initiale » Montréal, 2017, 150 pages