Dictionnaire amoureux de l’art moderne et contemporain, Pierre Nahon

En confiant leur Dictionnaire amoureux de l’art moderne et contemporain au collectionneur et marchand d’art Pierre Nahon plutôt qu’à un critique ou un historien de l’art, les éditions Plon prenaient un risque calculé : celui d’un ouvrage axé tout autant sur les pratiques occultes et discutables du marché de l’art que sur les mouvements et les artistes ayant marqué les cent dernières années. Le galeriste Leo Castelli et l’homme d’affaires et collectionneur François Pinault y côtoient sans complexe Picabia ou Klossowski. Nahon aborde de front la spéculation, les contrats ou la cote des artistes, les liens entre l’art et les affaires ou encore les relations incestueuses entre les experts et les maisons de vente aux enchères. Sans cacher ses préférences pour les vedettes du nouveau réalisme jadis défendues par sa galerie du Marais (Klein, Arman, César, Tinguely), l’auteur se garde de dénigrer les qui lui déplaisent (Cattelan, Koons, Murakami). Truffé d’anecdotes et de confidences éclairantes, l’ouvrage pèche toutefois par un nombrilisme agaçant et par un chauvinisme franco-français abusif.

Dictionnaire amoureux de l’art moderne et contemporain

Pierre Nahon, Plon, Paris, 2014, 679 pages