Histoire - L'âme du Québec d'hier

Ils et elles ont été enseignants, aidants, soignants, missionnaires ou contemplatifs. L'historien d'architecture Luc Noppen n'hésite pas à dire qu'ils et elles «ont assuré l'émancipation sociale et culturelle du Québec en œuvrant tant auprès des enfants et des jeunes qu'auprès des malades et des personnes âgées. Les soins de santé, les institutions d'enseignement et les services sociaux que la Révolution tranquille a accommodés résultent de leurs œuvres et de leur action.» Ils et elles, ce sont bien sûr les frères, pères, moines et religieuses d'un temps qu'on a appelé celui de la survivance.

Dans un beau livre richement illustré par des photos d'époque et intitulé La vie dans les communautés religieuses. L'âge de la ferveur, 1840-1960, le journaliste retraité (Le Soleil, Radio-Canada) Claude Gravel les fait revivre et leur rend hommage. Il décrit une journée type dans la vie d'une soeur ou d'un frère enseignant, d'un père voué à l'éducation supérieure, d'une religieuse vouée aux démunis, d'une hospitalière, d'un missionnaire et d'un moine.

Il présente, ce faisant, la face lumineuse de notre passé religieux, trop souvent assimilé à la seule noirceur. Gravel ne tait pas les limites de leurs actions, ni certains des traits de leur mentalité qui aujourd'hui nous heurtent (pratique des mortifications, austérité parfois asséchante, peur maladive du corps), mais il met surtout en avant leur ferveur et leur engagement vrai, nourris par leur foi.

«Le monde dont parle ce livre n'existe plus», reconnaît Gravel. Il ne s'agit pas de souhaiter son retour, mais simplement, par gratitude, de se faire les humbles protecteurs de sa mémoire. «Si, écrit Luc Noppen en postface, par leurs oeuvres, les communautés religieuses ont énormément donné à la culture d'un Québec qu'elles ont contribué à forger, c'est à la société civile qu'il revient dorénavant de veiller à l'inscription de l'héritage dans la mémoire collective pluraliste et inclusive dont nous sommes les gardiens.» Par gratitude et sens de la justice historique.

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Collaborateur du Devoir

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La vie dans les communautés religieuses
L'âge de la ferveur,
1840-1960
Claude Gravel
Postface de Luc Noppen
Libre Expression
Montréal, 2010, 222 pages
1 commentaire
  • Michel Page - Inscrit 4 décembre 2010 14 h 28

    D'où l'importance d'un cours d'Histoire obligatoire au Cégep pour tous et..

    Très justements: "Il ne s'agit pas de souhaiter son retour, mais simplement, par gratitude, de se faire les humbles protecteurs de sa mémoire. «Si, écrit Luc Noppen en postface, par leurs oeuvres, les communautés religieuses ont énormément donné à la culture d'un Québec qu'elles ont contribué à forger, c'est à la société civile qu'il revient dorénavant de veiller à l'inscription de l'héritage dans la mémoire collective pluraliste et inclusive dont nous sommes les gardiens.» Par gratitude et sens de la justice historique."

    Mais comment respecter cedevoir de mémoire sinon par l'introduction d'un cours d'histoire au cégep et pourquoi pas la réintroduction du cours de religion tel il y a encore quelques années permettait le choix entre un cours de morale et un cours de religion chrétienne.

    La émoire collective passe nécessairement par l'enseignement.

    Bien votre