Les pieds en éventail dans le sable

Photo: Pascal Ratthé

C'est comme ça. Le petit bonhomme aime aller à contre-courant. En été, il se présente à ses fidèles en combinaison de ski et, à l'aube de l'hiver, c'est maintenant en maillot de bain, à la plage, qu'il souhaite vivre ses nouvelles aventures. Et, forcément, avec le temps qu'il fait, on le remercie.

Avec Louis à la plage (Delcourt/Shampooing), le génialissime bédéiste Guy Delisle — l'homme derrière Chroniques birmanes, Pyongyang et Shenzhen — poursuit ici son exploration dans l'univers sans parole d'un petit garçon confronté aux aléas de la vie. Les fidèles de l'auteur ont d'ailleurs rapidement compris, depuis le premier volume de cette série, Louis au ski, sorti en 2005, que le personnage principal n'est nul autre que son fils.

Cette fois, c'est donc dans un cadre estival que l'on retrouve le p'tit gars sensible et vif d'esprit. Il est 7h30 du matin. Il attend que son auteur de père se lève. Il va passer la journée au bord de la mer.

La prémisse est d'une simplicité déconcertante. Mais elle est aussi, pour Delisle, une nouvelle occasion de poser un regard fin sur sa propre condition de père et sur les comportements des humains, les coups de soleil, les crèmes glacées et la douce folie qui parfois s'installe dans la tête d'un enfant en bas âge.

En 48 pages, cette journée de repos — qui n'en est pas vraiment une — expose aussi un exploit littéraire: la construction d'un récit cohérent, délicat, poétique et sensible en même temps, sans une seule parole. Un exercice de style périlleux, souvent casse-gueule, mais qui permet finalement de reconnaître les grands.

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Louis à la plage

Guy Delisle

Delcourt/Shampooing

2008, Paris, 48 pages

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