Un deuxième petit rorqual observé à Montréal

Situation complètement inédite, un deuxième petit rorqual est arrivé à Montréal mercredi. L’animal, qui serait lui aussi un juvénile, a été observé à quelques reprises dans le fleuve Saint-Laurent, remontant le long de l’île de Montréal. Il pourrait donc se retrouver dans le même secteur que l’autre petit rorqual, déjà présent depuis quelques jours.

Selon les informations publiées mercredi en fin de journée par le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), cette deuxième baleine égarée pourrait être la même qui a été observée à Trois-Rivières lundi, puis à Bécancour et enfin à Varennes, mercredi matin.

Le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins a mobilisé des bénévoles mercredi pour tenter de repérer cette baleine, qui pourrait se retrouver dans le chenal Le Moyne, ou encore entre l’île Sainte-Hélène et l’île de Montréal. La baleine à bosse qui avait passé une semaine dans la région de Montréal au printemps 2020 avait d’ailleurs fréquenté ces deux mêmes secteurs.

Les premières images du nouveau cétacé perdu à 450 kilomètres de son habitat naturel indiquent qu’il nagerait tout à fait normalement, mais qu’il pourrait s’agir d’un petit rorqual âgé d’à peine quelques mois.

Baleineau

 

Ce nouveau petit rorqual ressemblerait donc à celui qui est présent dans la région montréalaise depuis dimanche. Mardi et mercredi, l’animal de 3,4 mètres a passé toute la journée à nager face à un fort courant, tout près de la rive de l’île Sainte-Hélène, non loin de la sculpture de Calder Trois disques.

Il faut savoir que les baleineaux de cette espèce se séparent de leur mère après à peine quelques mois d’allaitement. Il arrive donc parfois que des individus juvéniles s’égarent. En 2016, puis en 2017, des cas de jeunes petits rorquals trouvés morts dans la région de Lévis ont d’ailleurs été documentés.

Pour espérer regagner leur habitat naturel, soit l’estuaire du Saint-Laurent, ces petits rorquals devraient faire demi-tour et redescendre la voie maritime sur plusieurs centaines de kilomètres, au travers du trafic commercial intense sur le fleuve.

Il n’y a jamais eu, dans toute l’histoire de Montréal, de cas documenté où deux baleines se trouvaient au même moment dans la région. Par le passé, il y a eu des cas documentés de présence de bélugas, mais aussi celui de la fameuse baleine à bosse.

Pas d’intervention

Pour le moment, la stratégie demeure la même pour les deux rorquals, a indiqué le directeur scientifique du GREMM, Robert Michaud. Il n’est pas question d’intervenir pour tenter d’effaroucher ou de capturer ces cétacés nageant librement. Il est toutefois prévu de surveiller la situation, notamment pour éviter que des embarcations viennent déranger ces animaux.

Selon le protocole établi par le GREMM, une intervention pourrait être justifiée si la présence de la baleine était due à une action humaine « directe ». Si sa présence résulte d’une cause naturelle, la priorité est accordée aux espèces menacées, « en particulier si l’individu est important pour la survie de la population ». « Les chances de succès d’une intervention sont aussi évaluées comparativement au dérangement et au stress que l’intervention infligera à l’animal », précise le groupe scientifique.

Le petit rorqual est bien connu au Québec, puisqu’il est très fréquemment observé en été dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Il n’est pas une espèce en péril, puisqu’il compterait plusieurs centaines de milliers d’individus à l’échelle de la planète. Le Japon et la Norvège chassent d’ailleurs l’espèce sur une base commerciale, malgré un moratoire international sur la chasse à la baleine.



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