Le petit rorqual s’entête à demeurer à Montréal

Le petit rorqual égaré prolongeait mardi son séjour dans la région de Montréal, en nageant près de la rive de l’île Sainte-Hélène.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le petit rorqual égaré prolongeait mardi son séjour dans la région de Montréal, en nageant près de la rive de l’île Sainte-Hélène.

Le petit rorqual qui a remonté le Saint-Laurent sur plus de 450 kilomètres était toujours à Montréal mardi en fin de soirée. Il a d’ailleurs passé toute la journée très près de la rive de l’île Sainte-Hélène, sans montrer le moindre signe indiquant qu’il pourrait repartir vers l’aval, et éventuellement son habitat naturel.

Selon ce qu’a pu constater Le Devoir, le jeune cétacé d’environ trois à quatre mètres de longueur est demeuré toute la journée dans le même secteur, situé tout juste à côté de la sculpture Trois disques, de Calder, à moins de 10 mètres de la rive. À cet endroit comme dans le chenal Le Moyne, où il se trouvait lundi, la baleine nageait face à un fort courant.

Il n’a pas été possible d’obtenir de détails sur le cas de la part du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins, mardi, mais le petit rorqual semblait toujours aussi énergique et en bonne condition physique. Il nageait toujours face au courant lorsque Le Devoir a quitté les lieux, peu après 21h00.

Comme la veille sur le pont du Cosmos, les curieux étaient nombreux mardi en soirée à observer et à photographier la baleine, qui faisait surface à intervalles de deux à cinq minutes. On pouvait donc observer le petit rorqual avec, en toile de fond, le quai de l’Horloge, la Grande roue de Montréal et le chapiteau du Cirque du Soleil.

Le Réseau québécois d’urgence pour les mammifères marins continuait de surveiller la présence de ce petit rorqual âgé possiblement d’à peine quelques mois, afin de documenter la situation. Il faut savoir que les baleineaux de cette espèce se séparent de leur mère après à peine quelques mois d’allaitement. Il arrive donc parfois que des individus juvéniles s’égarent. En 2016, puis en 2017, des cas de jeunes petits rorquals morts ont d’ailleurs été documentés dans la région de Lévis.

Animal condamné ?

Pour le moment, aucune intervention n’est prévue pour tenter de capturer ou d’effaroucher cet animal. Une telle opération n’a d’ailleurs jamais été tentée au Québec pour un animal de cette taille qui nage librement.

Pour espérer regagner son habitat naturel, soit l’estuaire du Saint-Laurent, ce petit rorqual devrait faire demi-tour et redescendre la voie maritime sur plusieurs centaines de kilomètres, au travers du trafic commercial intense sur le fleuve.

L’espèce est bien connue au Québec, puisqu’elle est très fréquemment observée en été dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, et notamment dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Le petit rorqual n’est d’ailleurs pas une espèce en péril, puisqu’elle compterait plusieurs centaines de milliers d’individus à l’échelle de la planète. Le Japon et la Norvège chassent d’ailleurs l’espèce sur une base commerciale, malgré un moratoire international sur la chasse à la baleine.

La baleine à bosse de 2020

C’est la deuxième fois en moins de deux ans qu’un cétacé de grande taille se retrouve dans la région de Montréal. En mai 2020, une jeune baleine à bosse femelle de 10 mètres avait passé plus d’une semaine dans le secteur.

Elle avait attiré chaque jour des centaines de curieux, venus l’observer près du quai de l’Horloge. Ils avaient notamment pu la voir effectuer des dizaines de sauts spectaculaires hors de l’eau.

Cette baleine à bosse, qui avait causé tout un émoi à Montréal, était finalement morte des suites d’un « événement soudain », selon le rapport de la nécropsie du cétacé. Même si la piste d’une collision avec un navire dans la voie maritime du Saint-Laurent demeure très plausible, les scientifiques qui ont analysé le cas n’ont pas pu confirmer cette hypothèse.

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