Le CIRAIG continue d’étendre son réseau à l’étranger

Miriane Demers-Lemay
Collaboration spéciale
«La nature même de l’analyse du cycle de vie est internationale, puisqu’on parle de chaîne d’approvisionnement qui a lieu par nature sur tous les continents», explique la professeure Anne-Marie Boulay.
Illustration: Romain Lasser «La nature même de l’analyse du cycle de vie est internationale, puisqu’on parle de chaîne d’approvisionnement qui a lieu par nature sur tous les continents», explique la professeure Anne-Marie Boulay.

Ce texte fait partie du cahier spécial Les 20 ans du CIRAIG

Avant d’arriver sur les tablettes des commerces, les nouveaux modèles de téléphones intelligents ont peut-être été conçus aux États-Unis, pour être fabriqués en Asie avec des métaux extraits en Afrique ou en Amérique du Sud. Et ils seront peut-être exportés dans d’autres régions du monde pour l’extraction de leurs métaux précieux lorsque leur vie utile sera terminée.

« La nature même de l’analyse du cycle de vie est internationale, puisqu’on parle de chaîne d’approvisionnement qui a lieu par nature sur tous les continents, explique Anne-Marie Boulay, professeure adjointe en génie chimique à Polytechnique Montréal et membre du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG). L’analyse du cycle de vie et de l’empreinte environnementale est utile si on peut comparer les résultats ; on a besoin de standards internationaux et de consensus sur les méthodes à utiliser. Donc on n’a pas le choix de se parler, de se mettre d’accord et de travailler ensemble. »

À la manière de l’empreinte carbone, les experts du CIRAIG s’activent à développer des outils pour mesurer l’impact environnemental ou social de biens ou de services de consommation. « On veut apprendre, dans le cycle de vie d’un produit, quels sont les endroits où il y a les impacts sociaux les plus importants, au niveau de l’extraction, la production. Dans quelle zone du monde y a-t-il le plus grand risque social en lien avec les conditions de vie, les droits de la personne, l’équité hommes-femmes, la corruption ? » donne comme exemple Sara Russo Garrido, directrice exécutive adjointe du CIRAIG et coordonnatrice de l’analyse sociale.

Un travail collaboratif

 

Le CIRAIG est composé d’experts de Polytechnique, de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et, à partir de janvier, de deux universités suisses : la Haute École spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Au fil des années, le CIRAIG a également noué des collaborations avec des universités d’Amérique du Nord et d’Europe, ainsi qu’avec diverses associations, telle l’initiative onusienne Cycle de vie. Ce type de partenariat permet aux chercheurs spécialisés dans ce domaine pointu de mettre en commun leurs connaissances et de peaufiner leur méthodologie.

Le CIRAIG collabore aussi avec des compagnies comme Umicore, Total ou Nestlé, respectivement spécialisées dans les mines, l’énergie et l’agroalimentaire. Les entreprises participent au financement de la recherche et, en contrepartie, elles ont un accès direct à l’expertise développée.

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