Québec invite les autres provinces à se joindre à sa bourse du carbone

En 2013, le Québec a mis sur pied un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre, avant de le lier au système de la Californie l’année suivante. L’Ontario a aussi temporairement fait partie de ce système avant de s’en retirer en 2018.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne En 2013, le Québec a mis sur pied un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre, avant de le lier au système de la Californie l’année suivante. L’Ontario a aussi temporairement fait partie de ce système avant de s’en retirer en 2018.

Québec ouvre les bras aux provinces canadiennes qui souhaiteraient se joindre à sa bourse du carbone plutôt que d’être soumises au système fédéral de tarification du carbone, et invite aussi les autres États intéressés. C’est ce qu’a fait valoir le ministre québécois de l’Environnement, Benoit Charette, lors d’une conférence organisée par la Chambre de commerce de Montréal, lundi.

« On [a bon espoir], au cours de la prochaine année, d’ajouter d’autres [participants]. Il y a des discussions qui se font » à ce sujet, a souligné M. Charette devant un parterre de gens d’affaires venus assister à un forum sur l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance en entreprise au Palais des congrès de Montréal. « Mon souhait, bien sincèrement, ce serait d’aller chercher notamment d’autres provinces canadiennes qui préféreraient notre système à la taxe fédérale », a-t-il reconnu.

En 2013, le Québec a mis sur pied un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre (SPEDE), avant de le lier au système de la Californie l’année suivante, dans le cadre de la Western Climate Initiative. L’Ontario a aussi temporairement fait partie de ce système avant de s’en retirer en 2018.

Privilégier l’économie locale

Aujourd’hui, le Québec cherche à inciter d’autres partenaires à se joindre à cette bourse du Québec — et plus particulièrement les provinces canadiennes. « À partir du moment où il y a des crédits carbone qui doivent être achetés, s’ils ne sont pas achetés [au Québec], ils le sont en Californie. Donc ça représente une forme de fuite de capitaux, en quelque sorte », a justifié le ministre. « Je vais préférer que ces crédits carbone soient achetés dans un premier temps au Québec pour ce qu’il est possible de faire, et sinon dans l’environnement canadien pour que l’économie canadienne puisse en bénéficier. »

« On a signé des ententes de collaboration avec certains États, que ce soit la Nouvelle-Zélande, que ce soit le Costa Rica. Il y a différents États américains qui ont signé aussi des avis d’intention. Sans vous donner de secret ce matin, [je dirais] peut-être une ou deux provinces canadiennes aussi », a fait savoir M. Charette.

Le ministre de l’Environnement a par ailleurs vanté le fait que le système québécois est « beaucoup plus abordable que ne l’est la taxe fédérale ». Il a également souligné que la bourse du carbone québécoise comprenait un plafond pour les émissions qui s’abaisse progressivement, « ce qui n’est pas exactement le cas avec la taxe fédérale ».

Actuellement, le prix sur le carbone du système fédéral est de 50 $ la tonne. Il doit passer à 65 $ l’année prochaine, avant d’atteindre 170 $ en 2030. Au Québec, lors de la dernière vente aux enchères tenue dans le cadre de la bourse du carbone, en mai, les unités d’émission se sont vendues à environ 39 $.

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