Pourquoi des aciéries veulent-elles se tourner vers l’hydrogène vert plutôt que l’électricité?

ArcelorMittal : la ligne de finition du laminoir de Longueuil.
Capture d’écran ArcelorMittal ArcelorMittal : la ligne de finition du laminoir de Longueuil.

Ce texte est tiré du « Courrier de l’économie » du 9 mai 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Il y a de quoi s’emmêler les pinceaux. Une palette de couleurs est maintenant utilisée pour désigner l’hydrogène en fonction de la source d’énergie qui sert à la produire. Ainsi, l’hydrogène gris est produit à partir de gaz naturel, alors que l’hydrogène bleu découle des technologies de captages de carbone et l’hydrogène rose de l’énergie nucléaire. Au Québec, il est surtout question d’hydrogène vert, une molécule produite à partir de l’électrolyse de l’eau alimentée par des énergies renouvelables.

De plus en plus d’industriels envisagent l’utilisation de ce vecteur d’énergie pour remplacer les combustibles fossiles utilisés dans leurs procédés de transformation pour le moins énergivores. C’est le cas des aciéries. Le Devoir rapportait dans les derniers jours qu’ArcelorMittal, géant de l’acier, envisageait sérieusement d’utiliser l’hydrogène pour remplacer le recours aux combustibles fossiles. Des tests concluants ont été effectués à son usine de Contrecœur.

Pourquoi ces grands émetteurs privilégient-ils l’hydrogène plutôt que simplement électrifier ? La question se pose. Tout d’abord, l’hydrogène permet au four d’atteindre les températures nécessaires à la fonte de métaux qui, selon les procédés, dépassent 1000 degrés Celsius.

Mais ce n’est pas tout. « Le processus de raffinage de l’acier à partir de minerai a non seulement besoin de chaleur, mais aussi d’un élément réducteur qui sert à arracher la molécule de fer des autres éléments contenus dans le minerai », explique Kris Chapman, analyste principal senior chez Dunsky Énergie + Climat, une firme de consultants spécialisés en énergie.

À l’heure actuelle, les « éléments réducteurs » utilisés dans l’industrie proviennent essentiellement du gaz naturel et du charbon. « L’hydrogène [qu’il soit vert ou d’une autre couleur] peut aussi jouer ce rôle. Donc le rôle clé joué par l’hydrogène est surtout au niveau chimique », précise-t-il.

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