La FEESP, c'est 65 000 membres à votre service

Pierre Vallée
Collaboration spéciale
C'est en 1947 qu’était fondée la Fédération des syndicats municipaux, l’ancêtre de l’actuelle FEESP, qui célèbre donc trois quarts de siècle de luttes et d’avancées syndicales.
Illustration: Delphine Meier C'est en 1947 qu’était fondée la Fédération des syndicats municipaux, l’ancêtre de l’actuelle FEESP, qui célèbre donc trois quarts de siècle de luttes et d’avancées syndicales.

Ce texte fait partie du cahier spécial 75 ans de la FEESP

Pour mettre de l’ordre dans cet ensemble apparemment disparate, la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP) a choisi de regrouper les différents syndicats, selon leurs affinités, par secteur d’activité. On en compte huit : le multisectoriel, au sein duquel le personnel de cafétérias côtoie les organismes communautaires ; le municipal ; les organismes gouvernementaux, comme la Société des casinos et le Palais des congrès ; la sécurité du public, où logent notamment les agents correctionnels ; le scolaire, qui comprend les employés de soutien des centres de services scolaires, dont les deux commissions scolaires anglophones ; les cégeps et leurs employés de soutien ; le transport, qui englobe aussi bien le transport collectif que le transport de marchandises ; et finalement, le transport scolaire.

Du berceau au cercueil

 

On peut aisément comprendre qu’un tel assortiment de secteurs et de syndicats engendre nécessairement un grand éventail d’emplois et de métiers. « Nous avons l’habitude de prétendre que nos membres œuvrent du berceau au cercueil, se plaît à dire Benoit Malenfant, président de la FEESP, puisque nous avons des membres qui travaillent auprès de la petite enfance et d’autres qui sont employés de cimetière. »

Pareille diversification entraîne-t-elle une décentralisation similaire, notamment au chapitre des négociations de conventions collectives ?

« La réponse est oui et non, répond M. Malenfant. Près des deux tiers de nos membres ont comme employeur le gouvernement du Québec, et dans ce cas, la négociation se déroule à la table centrale, entre le Conseil du trésor et les centrales syndicales. La FEESP est alors représentée par la CSN. » Sauf en ce qui concerne les négociations sur les conditions de travail, ce que l’on nomme le normatif, qui elles, se déroulent aux tables sectorielles.

La pandémie a ébranlé nos services publics et nous a démontré la fragilité de ces derniers. Il faut éviter de réagir par des mesures d’austérité et plutôt choisir le renforcement de nos services publics [...] ce qui implique une rémunération à la hauteur des défis.

 

Quant aux syndicats affiliés à la FEESP dont l’employeur n’est pas le gouvernement du Québec, « ils doivent négocier eux-mêmes directement avec leur employeur, explique Benoit Malenfant. Par exemple, un syndicat représentant des employés municipaux négociera avec sa municipalité. » Le président précise que ceux-ci ne sont pas pour autant abandonnés à leur propre sort. « Nos syndicats affiliés peuvent s’appuyer sur l’équipe permanente de la FEESP et son expertise en négociation de convention collective, tout comme ils peuvent compter sur cette même équipe dans d’autres domaines, comme les assurances collectives et le traitement et la résolution de griefs. »

Dossiers prioritaires

 

Outre le fait de soutenir ses 425 syndicats affiliés, la FEESP travaille avec eux sur différents dossiers qu’elle juge prioritaires. Au premier chef, la santé et la sécurité au travail. Elle s’intéresse tout particulièrement, ces derniers temps, aux modifications entrées en vigueur à la suite de l’adoption l’automne dernier par l’Assemblée nationale, de la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail. « De nouvelles réglementations ont été ajoutées, précise Benoit Malenfant. La FEESP demeure vigilante afin de s’assurer que ces nouveaux règlements sont adéquatement appliqués dans les milieux de travail. »

Un autre sujet, qui a véritablement fait surface avec la pandémie, est celui du télétravail. « Celui-ci ne convient pas à tous les métiers, mais dans les cas où c’est possible, la question est de savoir s’il s’implantera de façon définitive, souligne M. Malenfant. Et si tel est le cas, comment sera-t-il alors traité à l’intérieur des nouvelles conventions collectives ? »

La relance post-COVID fait également partie des dossiers qui occupent Benoit Malenfant. « La pandémie a ébranlé nos services publics et nous a démontré la fragilité de ces derniers, affirme le président. Il faut éviter de réagir par des mesures d’austérité et plutôt choisir le renforcement de nos services publics. Ce renforcement passe inévitablement par la capacité de l’État à attirer et à conserver le personnel, ce qui implique une rémunération à la hauteur des défis. »

Enfin, le syndicaliste ne nie pas que la pandémie a eu des effets négatifs sur la mobilisation syndicale, et il souhaite bien corriger cet état de fait. « Pendant presque deux ans, nous nous sommes réunis de manière virtuelle, indique-t-il. Dans les réunions où les gens se présentent en chair et en os, lors des pauses et à la fin des réunions, il y a des conversations informelles entre les participants, conversations qui sont parfois très fécondes. Cette dimension est absente lors de réunions sur Zoom, ce qui a forcément un effet sur la mobilisation syndicale. »

Célébrer le 75e

 

Parmi les dossiers à venir, il y a la tenue prochaine du conseil fédéral, qui aura lieu du 3 au 5 mai à Rivière-du-Loup. En plus des affaires courantes, le conseil fédéral sera l’occasion de souligner le 75e anniversaire de la FEESP. C’est en effet en 1947 qu’était fondée la Fédération des syndicats municipaux, l’ancêtre de l’actuelle FEESP.

« Nous avons beaucoup évolué depuis ce temps, et notre champ d’action dépasse aujourd’hui largement celui des municipalités, conclut M. Malenfant. Nous allons profiter du conseil fédéral pour souligner cette évolution par le biais de témoignages vidéo d’anciens membres de la FEESP, et nous allons célébrer l’événement par l’organisation d’un banquet en soirée le 4 mai. »

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