La FTQ souhaite des états généraux du syndicalisme

Raphaëlle Ritchot
Collaboration spéciale
La santé, l’éducation et les inégalités sociales sont les enjeux importants qui ressortent du sondage omnibus fait avec la firme Léger, confie Daniel Boyer, qui ajoute que son syndicat appuiera donc ce type de revendications.
Illustration: iStock La santé, l’éducation et les inégalités sociales sont les enjeux importants qui ressortent du sondage omnibus fait avec la firme Léger, confie Daniel Boyer, qui ajoute que son syndicat appuiera donc ce type de revendications.

Ce texte fait partie du cahier spécial Syndicalisme

Alors que le ministre des Finances, Eric Girard, s’apprête à déposer son dernier budget avant les élections générales, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) appelle le gouvernement à réinvestir dans les services publics et à ne surtout pas revenir à des politiques d’austérité. Si la FTQ a salué les mesures qui ont été mises en place depuis le début de la pandémie de COVID-19, elle craint le retour de politiques d’austérité « comme nous en avons déjà connu avec les gouvernements précédents ».

La FTQ ainsi que les autres centrales syndicales ont rencontré le ministre des Finances dans le cadre de ses consultations pour la préparation du budget qu’il présentera le 22 mars prochain.

« Nous avons prévenu le ministre qu’on ne voulait surtout pas la mise en place de politiques d’austérité pour revenir très rapidement à un certain équilibre budgétaire. Nous n’avons rien contre l’équilibre budgétaire, bien entendu, mais ça doit s’échelonner dans le temps, pour ne pas mettre à mal davantage nos services publics, précise le président de la FTQ, Daniel Boyer. Nous avons aussi mentionné qu’on devrait peut-être arrêter de verser des sommes dans le Fonds des générations et utiliser ces sous pour les réinvestir dans nos services publics. »

Le Fonds des générations est un fonds de fiducie créé en 2006 par le gouvernement du Québec afin de réduire la dette publique. Sa gestion est confiée à la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Les gouvernements y versent des montants « selon l’argument qu’ils ne veulent pas laisser de dettes aux générations futures ». Pour le président de la plus grande centrale syndicale au Québec, il y a maintenant suffisamment d’argent. « Je veux bien ne pas laisser de dettes aux futures générations, mais je veux aussi leur donner des services publics de qualité », précise-t-il.

Il croit également que ces montants pourraient servir à relancer certains secteurs d’activité qui ont été mis à mal pendant la pandémie comme l’hôtellerie, la restauration, le tourisme ou encore la culture.

Faire un choix éclairé

 

Les prochaines élections générales au Québec se tiendront en octobre prochain, et la FTQ n’a jamais été muette lors de la tenue du processus électoral.

« Nous avons déjà appuyé des partis politiques, mais ce ne sera pas le cas lors de cette élection-ci », indique M. Boyer, qui ajoute que la centrale syndicale a décidé de connaître les intérêts des citoyens grâce à un sondage omnibus fait avec la firme Léger.

La santé, l’éducation et les inégalités sociales sont les enjeux importants qui ressortent de cet exercice, confie M. Boyer, qui ajoute que son syndicat appuiera donc ce type de revendications.

La FTQ fera également de l’éducation sur son site Web, en décortiquant notamment les programmes des différents partis politiques.

« Peu importe le parti pour lequel les gens votent, je n’ai pas de problème avec cela, pourvu qu’ils sachent pour quoi ils votent, et ce n’est pas toujours le cas. On veut informer nos membres sur ce que nous propose chacun des partis en fonction des revendications qu’on a. C’est le genre d’éducation qu’on fait pour que nos membres puissent faire le choix le plus éclairé possible au moment de voter », explique Daniel Boyer.

États généraux du syndicalisme

 

En plus des élections et des négociations des conventions collectives du secteur public cet automne, la FTQ tiendra son 33e congrès en novembre.

Cet événement, qui se déroule tous les trois ans et qui réunit 1500 délégués syndicaux, se veut cette année une occasion de réfléchir et de préparer l’avenir du mouvement syndical en vue de la tenue d’états généraux du syndicalisme au Québec.

« Plusieurs autres centrales syndicales sont du même avis, il faut qu’on réfléchisse à notre avenir et il faut se redéfinir, affirme M. Boyer. On l’a vu avec la pandémie, il y a du télétravail, il y a de nouvelles formes de travail qui arrivent, il faut réfléchir à comment on peut permettre à ces travailleurs d’avoir un accès à la syndicalisation et comment maintenir notre militantisme syndical dans ces nouvelles formes de travail. »

Daniel Boyer reconnaît que le mouvement syndical a une grande réflexion à mener, parce que la société s’en va vers une diversification du travail et des méthodes de travail avec l’intelligence artificielle et la robotisation.

« Le milieu syndical doit réfléchir à comment il se replace dans ce cadre, et c’est pour cela que c’est important pour nous de tenir des états généraux du syndicalisme », conclut le président de la FTQ.

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