Les offices de tourisme misent sur la séduction pour relancer le tourisme d'affaires

Miriane Demers-Lemay
Collaboration spéciale
Dans la région de Lanaudière, l’office touristique garde un contact régulier avec des organisateurs d’événements et soutient financièrement le tourisme d’affaires grâce à une taxe sur la nuitée.
Photo: Simon Laroche Dans la région de Lanaudière, l’office touristique garde un contact régulier avec des organisateurs d’événements et soutient financièrement le tourisme d’affaires grâce à une taxe sur la nuitée.

Ce texte fait partie du cahier spécial Tourisme d'affaires

Alors que la pandémie et les restrictions sanitaires paralysent le tourisme d’affaires au Québec, les offices touristiques de plusieurs régions font des pieds et des mains pour soutenir la relance d’un secteur malmené depuis deux ans.

« Les retombées [du tourisme d’affaires] sont quatre fois plus importantes que le tourisme d’agrément », révèle Julie Kinnear, présidente-directrice générale de Tourisme Outaouais. Concentrés autour de la ville de Gatineau et du Château Montebello, les congrès et les événements sont synonymes de roulement pour l’industrie hôtelière et diverses entreprises associées. Mme Kinnear ajoute que le tourisme d’affaires fait aussi tourner le tourisme d’agrément, un grand nombre de participants d’affaires prolongeant volontiers la durée de leur séjour pour visiter la région.

Comme un peu partout dans la province, les restrictions sanitaires ont porté un dur coup au secteur, ainsi qu’à toutes les activités gravitant autour. À Sherbrooke, les dépenses touristiques — les dépenses totales de consommation effectuées par les visiteurs pendant leur séjour — étaient estimées à 7 millions de dollars en 2018-2019, chutant à 2 millions de dollars l’année suivante, affirme Lynn Blouin, directrice de la promotion du secteur tourisme d’affaires et sportif à Destination Sherbrooke.

« Cela a été extrêmement difficile ; les congrès et les événements sportifs sont une partie importante du tourisme économique à Sherbrooke, observe-t-elle. Cela vient équilibrer des périodes plus tranquilles pour le tourisme d’agrément, à l’automne, au printemps, et en hiver. »

La tenue de congrès ou de réunions d’affaires persistera-t-elle dans le temps ? Déterminés à tirer profit de cette réouverture des salles de réunion à 50 % de leur capacité à compter du 21 février, pour un maximum de 500 personnes, les organisateurs d’événements et les offices de tourisme continuent de mener des opérations de séduction pour attirer les clients dans leur région respective.

Des efforts combinés pour courtiser les clients

 

« Pendant la pandémie, on a pris le temps de renouveler notre image pour la relance, décrit Julie Kinnear, de Tourisme Outaouais. En ce moment, on développe des éléments numériques pour permettre de créer des visites virtuelles, des capsules hôtelières. Pour le démarchage, on est beaucoup plus proactifs pour aller chercher des événements. On est en train de structurer l’offre pour des petits événements, comme des lacs-à-l’épaule. » Tourisme Outaouais offre aussi des rabais aux clients qui réservent un certain nombre de chambres dans un établissement, l’office touristique déboursant la différence.

Du côté de l’Estrie, les clients sont accompagnés par Destination Sherbrooke, qui les aide à organiser l’hébergement, les fournisseurs extérieurs, les services de navettes, ou leur fournit des plans d’action. « Avec ceux qui reportent [un événement], on garde le lien, on voit comment on peut continuer à faire la planification et pour qu’on soit là au moment où les choses se stabilisent. » Les organisateurs de congrès et de grands événements peuvent aussi bénéficier d’une aide financière de Destination Sherbrooke, avec des critères assouplis en raison de la crise sanitaire.

Dans la région de Lanaudière, l’office touristique participe à la visibilité des entreprises locales sur sa plateforme, garde un contact régulier avec des organisateurs d’événements et soutient financièrement le tourisme d’affaires grâce à une taxe sur la nuitée. Mais en général, le secteur touristique de la région semble avoir mieux encaissé que d’autres les impacts de la pandémie, peut-être en raison de la diversité des sources de revenus des entreprises.

« On n’est pas une région dotée de grandes infrastructures, d’hôtellerie ou de grands congrès comme ceux qui peuvent se tenir à Laval », observe Denis Brochu, directeur général de Tourisme Lanaudière. Il explique que la raréfaction des visiteurs d’affaires ou les représentants commerciaux se sont fait davantage sentir dans les centres urbains comme Joliette ou Terrebonne. Par contre, les petites municipalités ont vu davantage de visiteurs d’agrément, soucieux de s’évader temporairement des grands centres pendant la pandémie.

« Peu d’entreprises ne vivent que du tourisme d’affaires. Ce sont des lieux avant tout pensés pour le tourisme d’agrément ; des chalets, des centres de vacances qui ont des espaces pour des réunions d’affaires, des petits congrès ou des lacs-à-l’épaule », indique M. Brochu. Il précise que le tourisme d’affaires est un secteur complémentaire qui permet d’engranger des revenus pendant la basse saison. « On est dans quelque chose de plus petit et de plus convivial, lié à la personnalité de Lanaudière », explique-t-il, en donnant comme exemple l’Auberge de la Montagne coupée, dont les grands espaces ont servi de plateau de tournage en 2020. « On oublie souvent que les réunions d’affaires, ça passe beaucoup par le ressourcement. »

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