Le milieu du tourisme d’affaires est soulagé par les assouplissements sanitaires

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
Le 15 février, les autorités ont annoncé des assouplissements concernant les voyageurs adéquatement vaccinés, qui ne seront plus contraints de présenter un résultat négatif à un test PCR en entrant au Canada.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le 15 février, les autorités ont annoncé des assouplissements concernant les voyageurs adéquatement vaccinés, qui ne seront plus contraints de présenter un résultat négatif à un test PCR en entrant au Canada.

Ce texte fait partie du cahier spécial Tourisme d'affaires

L’industrie du tourisme d’affaires accueille avec soulagement les assouplissements sanitaires annoncés par Québec et Ottawa, en vue des événements qui pourront avoir lieu au printemps.

« On est très heureux. Pour nous, c’est une bouffée d’oxygène », réagit d’emblée Gilber Paquette, directeur général de Tourisme d’Affaires Québec (TDAQ), qui regroupe 92 % des infrastructures du secteur des congrès et réunions au Québec.

« Ça va nous aider à sauver la saison des congrès pour les mois de mai et juin, qui est une période quand même intensive », prévoit de son côté la présidente du Regroupement de l’industrie des événements d’affaires (RIEA), Caroline Lepage. « On disait “c’est maintenant ou jamais”. Il faut croire que la pression a fini par marcher. »

Elle cite en exemple le cas d’un client qui attendait précisément l’annonce gouvernementale avant de décider si son événement allait être tenu en personne ou non en juin prochain. « Maintenant, la réponse, on l’a. Ce sont ces événements qui restaient à confirmer, qui étaient au ballottage », résume-t-elle.

Le 8 février dernier, Québec a annoncé une série de mesures de déconfinement pour l’ensemble des activités de la province. Dès le 21 février, les congrès, les assemblées et les réunions pourront reprendre avec une capacité d’accueil de 50 % jusqu’à un maximum de 500 personnes. Le port du masque sera requis en tout temps, sauf pour boire et manger. Quant au passeport vaccinal, il ne sera plus exigé dès le 14 mars au Québec, a annoncé mardi le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé.

« Durant les deux premières semaines [de déconfinement], on est capables de revenir à des réunions qu’on ne pouvait même pas organiser : des conseils d’administration, des assemblées générales, des formations, des conférences », se réjouit M. Paquette.

Si les règles sanitaires ont restreint les capacités entre 25 et 250 personnes selon les différentes vagues, le directeur estime que les conditions de réouverture en février permettront à l’industrie de recommencer ses activités. « Nous, les hôtels, on gère rarement de grandes salles, donc on va être capables de manœuvrer », prédit-il.

Et dès le 14 mars, la capacité d’accueil passera à 100 % sans limite d’achalandage dans les lieux publics.

Et les congressistes étrangers ?

 

D’après les estimations du ministère du Tourisme, les réunions d’affaires, les congrès et les conférences représentaient 12,5 % de toutes les recettes touristiques en 2019, avant la pandémie, avec des dépenses évaluées à 1,6 à 2 milliards de dollars.

Cette année-là, ce sont 3449 congrès et événements qui s’étaient déroulés sur l’ensemble du territoire québécois. Les voyageurs provenant du reste du Canada et d’autres pays ont par ailleurs été 1,5 million à venir dans la province pour du tourisme d’affaires. Ils ont ainsi généré des dépenses touristiques de 877 millions de dollars, selon une étude menée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton en février 2020. « C’est 56 % des dollars totaux qui proviennent de l’étranger. On parle de milliers de nuitées. C’est quand même majeur », indique M. Paquette.

Le 15 février, le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a d’ailleurs annoncé des assouplissements concernant les voyageurs adéquatement vaccinés. « Les changements sont possibles parce que nous avons fait les bons choix en tant que Canadiens et que nous avons franchi le pic d’Omicron », a-t-il justifié.

Ainsi, dès le 28 février prochain, ils ne seront plus contraints de présenter un résultat négatif à un test PCR en entrant au pays, mais à un test antigénique approuvé localement et effectué au maximum 24 heures avant la date prévue de leur vol ou leur entrée au Canada par la frontière terrestre, a ajouté le ministre. S’ils le souhaitent, ils pourront tout de même présenter un test PCR, toujours effectué 72 heures avant leur arrivée au pays.

Certains voyageurs pourront toujours être choisis au hasard pour effectuer un test PCR après leur atterrissage à l’aéroport. Néanmoins, ils ne seront plus contraints de rester isolés en attendant le résultat de leur test, comme c’est actuellement le cas.

M. Paquette accueille les assouplissements pour les voyageurs étrangers « avec soulagement ». « Les règles actuelles nuisaient à la reprise du marché international », dit-il en espérant une reprise des activités de tourisme d’affaires également pour ceux-ci. Actuellement, la majorité des congrès déjà prévus proviennent de clientèles québécoises.

Selon lui, la mise en place des tests de dépistage rapide est « la voie à privilégier pour une première étape » afin de simplifier la vie des voyageurs. Il espère que, lorsque ce sera possible, la situation permette de retirer toutes les exigences d’entrée pour les voyageurs pleinement vaccinés. « Il est nécessaire d’avoir des mesures de contrôle claires, uniformisées et stables entre les provinces et idéalement au sein des pays du G20. »

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