Quelle est la meilleure méthode pour déduire ses dépenses de télétravail?

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
Un salarié en télétravail pourra déduire certaines dépenses de base pour son bureau à domicile, telles que les frais d’Internet, de téléphone cellulaire et d’électricité.
Photo: Getty Images Un salarié en télétravail pourra déduire certaines dépenses de base pour son bureau à domicile, telles que les frais d’Internet, de téléphone cellulaire et d’électricité.

Ce texte fait partie du cahier spécial Finances personnelles

Pour une deuxième année d’affilée, le gouvernement du Québec reconduit la démarche simplifiée pour la déduction des dépenses liées au télétravail pour cause de pandémie. Le montant admissible a été bonifié, passant de 400 à 500 $ en 2021. Mais vaut-il mieux privilégier cette méthode ou opter pour le formulaire détaillé ? Plusieurs contribuables se posent la question, au moment où ils s’apprêtent à faire leur déclaration de revenus.

« Je dis toujours à mes clients de demander le formulaire [pour la méthode détaillée] à leur employeur. Comme ça, quand le comptable fait la déclaration de revenus, il est capable de faire la comparaison », conseille Justine Brossard, professeure au Département des sciences comptables de l’ESG UQAM.

Elle souligne qu’avec « quelques dépenses très simples », souvent, la méthode détaillée peut être avantageuse. « Quelqu’un qui a un bureau va en accumuler plus que le plafond de 500 $. Alors, la méthode détaillée est plus rentable. Ça vaut la peine de demander le formulaire à votre employeur pour que le comptable puisse faire l’analyse », explique celle qui est aussi comptable professionnelle agréée (CPA, CA).

Pas les mêmes dépenses pour tous

 

Un salarié en télétravail pourra déduire certaines dépenses de base pour son bureau à domicile, telles que les frais d’Internet, de téléphone cellulaire et d’électricité. « L’Agence de revenu du Canada demande que l’employé conserve ses factures, au cas où il y aurait une vérification », précise Mme Brossard. Il est également possible d’inclure celles liées à l’achat de crayons ou d’autres fournitures utilisées dans le cadre du travail, si elles n’ont pas déjà été remboursées par l’employeur.

Un salarié qui aurait une pièce consacrée au travail dans sa demeure pourrait aussi réclamer les frais d’entretien, tels que ceux pour la peinture sur les murs. Mais les contribuables doivent se demander si la dépense est exclusivement destinée à un cadre professionnel ou si elle sert également aux autres activités dans la maison.

Par exemple, pour une pièce allouée au bureau qui équivaut à 15 % de la superficie d’une propriété, « pour l’électricité, en accumulant toutes nos factures de l’année, on va pouvoir en déduire 15 % », illustre la professeure. D’autres dépenses comme les frais d’entretien et les produits ménagers peuvent également être ajoutées à la déclaration. Si le produit a été acquis avec l’intention de servir uniquement à entretenir l’espace de télétravail, la dépense peut être réclamée en totalité.

Les employés qui sont locataires peuvent aussi déduire un pourcentage de leur loyer, équivalent à la superficie de leur bureau. Néanmoins, les propriétaires ne peuvent faire de même avec leur hypothèque.

Une personne qui travaille depuis sa salle à manger sans espace attitré pour sa tâche peut-elle également déduire ses dépenses ? Oui, mais le calcul est différent, indique Mme Brossard. Ainsi, le calcul se fait sur le nombre d’heures où la pièce est utilisée pour le travail. « Si je travaille 40 heures par semaine, le calcul se fait sur 168 heures [le nombre d’heures dans une semaine de sept jours]. Ça vient réduire un peu notre pourcentage. Et dans ces cas, il peut être plus avantageux de prendre la méthode fixe temporaire », précise-t-elle.

Certains employés à la commission pourraient également déduire les dépenses liées aux assurances et aux taxes, note la comptable. « Mais ce ne sont pas des dépenses déductibles pour les gens en général », souligne-t-elle.

Les meubles de bureau et les chaises ne sont toutefois pas déductibles pour un employé en télétravail. « Habituellement, ça va être à ses frais. Sauf s’il a la possibilité d’avoir un montant remboursé par son employeur », observe Mme Brossard.

De nouveaux avantages pour les parents

 

Le gouvernement du Québec a aussi apporté un changement destiné aux parents qui envoient leurs enfants dans des services de garde.

Ainsi, le plafond des dépenses admissibles a été bonifié, passant de 9950 $ à 10 400 $. Cela équivaut à un service de garde à temps plein durant 260 jours à un tarif quotidien de 40 $.

Québec a également haussé le crédit d’impôt pour frais de garde d’enfants. Le taux pour les familles dont le revenu est supérieur à 101 500 $ se situe désormais à 67 %. En 2020, il était de 57 % pour celles gagnant plus de 100 000 $ et de 26 % pour celles dont le salaire annuel dépassait 163 000 $, détaille Mme Brossard. « C’est quand même assez rare, mais il y a vraiment eu une amélioration pour les ménages à plus haut revenu. »

À voir en vidéo