Le taux de chômage à son plus bas depuis le début de la pandémie

Statistique Canada a précisé que le taux de chômage a légèrement baissé à 5,9 % en décembre, après s’être établi à 6,0 % en novembre.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Statistique Canada a précisé que le taux de chômage a légèrement baissé à 5,9 % en décembre, après s’être établi à 6,0 % en novembre.

L’économie canadienne a créé 55 000 emplois en décembre, avant que les cas de COVID-19 ne commencent à augmenter à la fin du mois, a indiqué vendredi Statistique Canada. Dans son enquête sur la main-d’œuvre, l’agence fédérale a précisé que le taux de chômage a légèrement baissé, à 5,9 %, après s’être établi à 6 % en novembre. Il s’agissait du taux de chômage le plus bas depuis février 2020, soit avant la pandémie. Il était alors de 5,7 %.

Le rapport de Statistique Canada s’appuie sur les résultats d’une enquête réalisée au cours de la semaine du 5 au 11 décembre, soit avant que les restrictions de santé publique ne soient mises en place pour ralentir la dernière hausse des cas de COVID-19. Le variant Omicron, hautement transmissible, a alimenté un pic massif de cas de COVID-19 et a provoqué un retour aux restrictions dans de nombreuses régions du pays, ce qui a contraint de nombreuses entreprises à fermer temporairement ou à réduire leurs activités.

Stephen Brown, économiste pour le Canada chez Capital Economics, a souligné que même si le rapport de décembre était positif, il semble inévitable que l’emploi chute en janvier en raison de la dernière série de restrictions. « La baisse des visites au restaurant à elle seule est déjà compatible avec une baisse de 100 000 emplois dans l’hébergement et les services de restauration, et il est probable que l’emploi dans les autres secteurs de services à forte proximité physique s’affaiblira également », a écrit M. Brown dans un rapport.

L’augmentation globale des emplois en décembre était attribuable à un gain de 123 000 emplois à temps plein, tandis que l’emploi à temps partiel a diminué de 68 000. Le salaire horaire moyen a augmenté de 2,7 % par rapport à l’année précédente. L’emploi a progressé de 46 900 en Ontario, le taux de chômage passant de 6,4 % à 6 %.

Le Québec

À l’inverse, le Québec a comptabilisé un recul de 6200 emplois le mois dernier, les pertes étant comptabilisées dans le travail à temps plein. Le taux de chômage a augmenté de 0,1 point de pourcentage, s’étant établi à 4,6 % en décembre, a précisé Statistique Canada.

Sur un an, l’emploi a progressé de 3,8 % au Québec. En moyenne, au cours de l’année 2021, comparativement à l’année 2020, l’emploi au Québec a augmenté de 169 400 (+4,1 %). Le taux de chômage au Québec s’établit en moyenne à 6,1 % — le plus bas taux parmi les provinces —, soit un repli de 2,8 points par rapport au taux moyen de 2020, a ajouté l’Institut de la statistique du Québec.

Aux États-Unis, on observe des créations d’emplois décevantes en décembre et un taux de chômage en nette baisse : le marché de l’emploi a terminé l’année 2021 sur une note mitigée, reflétant les défis qui attendent Joe Biden en cette année d’élections. Ce qui n’a pas empêché le président américain de saluer un « jour historique ».

« Le plan économique Biden fonctionne et remet l’Amérique au travail », a-t-il affirmé lors d’une allocution depuis la Maison-Blanche.

La première économie du monde n’a créé que 199 000 emplois au cours du dernier mois de 2021, loin des 440 000 attendus par les analystes. Le taux de participation au marché du travail est resté inchangé, à seulement 61,9 %. Ces chiffres sont d’autant plus décevants que les données ont été collectées avant que le variant Omicron ne se répande dans le pays comme une traînée de poudre, provoquant fermetures de théâtres, de cinémas, de restaurants ou encore d’écoles et imposant une quarantaine à des centaines de milliers de personnes par jour.

La reprise du marché du travail est plus que jamais soumise aux aléas de la pandémie, et ce rapport pourrait ainsi présager des résultats plus sombres en janvier, quand l’effet Omicron sera pris en compte. Joe Biden a mis en avant le taux de chômage qui a continué à baisser, fin 2021, tombant à 3,9 % et se rapprochant ainsi de son niveau d’avant la pandémie (3,5 %), contre 6,7 % en décembre 2020. Le gouvernement Biden a aussi mis en exergue le fait que depuis décembre 2020, 6,4 millions d’emplois ont été recréés, un record.

Mais il manque toujours 3,6 millions d’emplois par rapport au pic de l’emploi de février 2020.

Pour le président américain, retrouver le plein-emploi et contrôler la poussée inflationniste est fondamental en cette année électorale, alors que sa politique économique est sous le feu des critiques de l’opposition, et jusque dans son camp démocrate.

Certains analystes attribuaient vendredi la dichotomie entre faible création d’emplois et baisse marquée du taux de chômage en partie à l’augmentation du nombre de travailleurs indépendants qui ne seraient pas encore comptabilisés dans les statistiques. Ils estiment aussi que ce rapport ne devrait pas changer le cap de la banque centrale américaine, dont les responsables semblent déterminés à entamer des hausses de taux d’intérêt dès que possible pour contenir l’inflation, malgré le risque de ralentissement économique.

Hausse des salaires

L’année 2021 a été marquée par un profond déséquilibre entre l’offre pléthorique d’emplois et la demande, en particulier pour les bas salaires, la pandémie ayant aussi modifié les aspirations des travailleurs américains. Cette tendance devrait se poursuivre au moins au début de l’année.

Il en va de même du phénomène de « grande démission » qui bat son plein depuis le printemps : des salariés essentiellement non qualifiés démissionnent en masse pour trouver un meilleur emploi. En novembre, ils étaient encore 4,5 millions, selon les données du bureau des statistiques.

Pour les employeurs, le marché du travail est ainsi devenu un casse-tête. Ainsi, pour attirer les candidats, ils ont augmenté les salaires et multiplié les avantages sociaux : en 2021, le salaire horaire moyen a augmenté de 4,7 %, une hausse néanmoins insuffisante pour compenser la hausse des prix à la consommation.

Avec l’Agence France-Presse et Le Devoir



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