Le Palais des congrès veut devenir une «vraie» destination montréalaise

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
La nouvelle p.-d.g. désire que le centre d’expositions devienne un lieu de rencontre de prédilection entre les Montréalais et les étrangers.
Photo: Josie Desmarais La nouvelle p.-d.g. désire que le centre d’expositions devienne un lieu de rencontre de prédilection entre les Montréalais et les étrangers.

Ce texte fait partie du cahier spécial Tourisme d'affaires

Comment positionner le Palais des congrès de Montréal comme une destination de choix, autant pour les Montréalais que pour les étrangers à l’ère post-COVID ? C’est la mission que s’est donnée la toute première femme à occuper le rôle de p.-d.g. du centre de conférences et d’expositions, Emmanuelle Legault.

« Accepter un poste aussi important dans la situation actuelle, c’est tout un défi », déclare d’emblée celle qui est entrée en fonction le 2 août dernier. Mme Legault estime qu’être une femme ne fait pas « une grosse différence », si ce n’est dans sa capacité d’écoute. « Dans un contexte où les gens doivent s’adapter, ça me permet d’être toujours en mode solution et de m’assurer qu’on réfléchit bien aux choses, sans prendre de décisions trop rapidement », croit-elle.

Et des visions pour l’avenir du Palais des congrès, Emmanuelle Legault en a plusieurs avec la reprise des activités dans le tourisme d’affaires. La p.-d.g. se réjouit d’ailleurs d’une telle reprise, avec plusieurs salons au cours des dernières semaines.« On sent qu’on recommence à vivre, il y a un bonheur retrouvé », constate-t-elle en riant.

Au cours de son mandat de cinq ans, la nouvelle p.-d.g. désire que le centre d’expositions devienne un lieu de rencontre de prédilection entre les Montréalais et les étrangers. Le tout, en appliquant un protocole sanitaire strict en suivant les mesures recommandées par la santé publique. « On s’assure qu’autant les participants que les gens qui organisent l’événement respectent ces mesures », atteste Mme Legault.

Poursuivre la lancée des événements hybrides

Si elle observe une « fatigue » liée aux événements virtuels, Mme Legault a constaté en parlant à ses clients que les activités en ligne ont permis d’accroître le nombre de participants.Le Palais des congrès compte désormais miser sur les technologies numériques afin de concevoir une expérience immersive autant pour les personnes sur place que pour celles qui assistent virtuellement à un événement. « On veut s’assurer qu’on crée une communauté et que les gens ne sont pas seulement passifs », dit-elle.

Si les activités au Palais des congrès attirent surtout des Montréalais et des Québécois à l’heure actuelle, la nouvelle p.-d.g. prévoit le retour d’événements internationaux comme le Comicon pour 2022 et 2023. « On est beaucoup plus dans un contexte de planification », dit-elle au sujet de ces rencontres de grande envergure.

Photo: Palais des congrès de Montréal Le centre de conférences mise sur les technologies pour poursuivre la tenue d’événements hybrides.

Le centre de conférences possède maintenant sept studios et trois pièces immersives avec des projecteurs au laser, des haut-parleurs et un système audio offrant une projection à la fois sur les murs et les planchers. Les salles ont été mises sur pied avec leur partenaire, Oasis, et sont destinées aux activités hybrides et à la poursuite de la tenue d’événements attirant les étrangers. « On a appris à être beaucoup plus agiles. On a priorisé les développements technologiques, dont les événements hybrides, qui permettent de continuer à travailler avec les événements internationaux », explique Mme Legault.

D’ailleurs, le centre de conférences mise sur l’accompagnement personnalisé de ses partenaires pour transformer leurs modèles d’affaires en explorant de nouvelles avenues pour leurs congrès et salons. « Il va falloir qu’on repense ce qu’est un événement hybride. Mais le volet numérique des activités sur place va rester important, prévoit Mme Legault. On va essayer de les encadrer pour voir comment, au lieu d’avoir tout simplement un speaker devant soi, on peut s’assurer de faire vivre une expérience. »

Une vraie « montréalité »

La nouvelle p.-d.g. du Palais des congrès ne cache pas son intention d’en faire une « vraie » destination montréalaise. « Quand on est un congressiste de l’extérieur, on va souhaiter rester et s’imprégner de cette “montréalité” », observe-t-elle.

Mme Legault vise également les Montréalais en espérant leur proposer une expérience typique de la métropole. Ainsi, elle désire repenser la galerie commerciale afin qu’elle ne se limite pas à des magasins et à des restaurants. « On veut vraiment créer un mini-Montréal au sein du Palais où on peut faire vivre tout ce qui est l’ADN de la métropole », prévoit-elle, avec une mise en valeur de la culture, de la gastronomie et des jeunes entreprises.

Pour y parvenir, le Palais des congrès aimerait collaborer avec d’autres organisations comme les festivals au Quartier des spectacles, le Vieux-Montréal et le quartier chinois. « Le palais joue une place centrale dans la métropole. Si on est capables de mieux travailler avec les partenaires autour de nous, on va réussir à la fois à garder nos visiteurs d’affaires et à amener les Montréalais », termine-t-elle. 

À voir en vidéo