La fabrication revient à son niveau d’avant la pandémie

Les produits fabriqués au Canada sont confrontés à des difficultés sur le marché en raison du nombre croissant de dispositions d’achats locaux «Buy American» aux États-Unis.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Les produits fabriqués au Canada sont confrontés à des difficultés sur le marché en raison du nombre croissant de dispositions d’achats locaux «Buy American» aux États-Unis.

Le secteur manufacturier aide l’économie canadienne à se hisser hors de la récession, mais l’aggravation des tensions commerciales avec les États-Unis pourrait étouffer la croissance économique, prévenait lundi un nouveau rapport sur la performance économique du pays dans le contexte d’assouplissement des restrictions sanitaires.

Les ventes et les chargements de wagons du secteur manufacturier — la quantité de marchandises transportées par chemin de fer — ont maintenant dépassé leurs niveaux d’avant la pandémie de COVID-19, révèle le rapport préparé par RSM Canada, un cabinet de services d’audit, de fiscalité et de conseil.

Le document souligne en outre que l’Ontario pourrait profiter exponentiellement des engagements des constructeurs automobiles envers les véhicules électriques, soutenus par une aide des gouvernements fédéral et provincial.

« Le secteur manufacturier canadien a presque à lui seul sorti le pays de la récession au cours des derniers mois, et cette solide performance, associée à des signes prometteurs dans d’autres domaines tels que l’immobilier et l’énergie, indique que des jours meilleurs sont à venir pour l’économie », a affirmé dans un communiqué Alex Kotsopoulos, partenaire des projets et de l’économie chez RSM Canada.

Malgré tout, la recherche indique que les produits fabriqués au Canada sont confrontés à des difficultés sur le marché en raison du nombre croissant de dispositions d’achats locaux Buy American aux États-Unis. « Il reste encore beaucoup de travail à faire sur le front commercial », a noté M. Kotsopoulos.

Le secteur manufacturier canadien a presque à lui seul sorti le pays de la récession au cours des derniers mois, et cette solide performance, associée à des signes prometteurs dans d’autres domaines tels que l’immobilier et l’énergie, indique que des jours meilleurs sont à venir pour l’économie

 

« La dépendance excessive du Canada à l’égard des États-Unis le rend vulnérable aux frictions commerciales qui se produisent entre les deux pays, et nous constatons cet effet maintenant alors que le gouvernement Biden continue de se concentrer d’abord et avant tout sur la reconstruction de l’économie américaine », a-t-il ajouté.

Malgré les turbulences dans le secteur canadien de l’énergie, les produits énergétiques représentaient près de 22 % des exportations totales du Canada vers les États-Unis au premier trimestre de 2021, selon le rapport.

Pistes de croissance

Pendant ce temps, le marché immobilier canadien a été responsable des deux tiers de la croissance économique au premier trimestre, en raison de la demande croissante pour les maisons unifamiliales et de l’offre restreinte, ce qui a fait grimper les prix. La demande pour les logements devrait rester forte, alors que les millénariaux deviennent l’épine dorsale de la demande des consommateurs et du marché du travail, note le rapport.

En outre, l’augmentation de l’épargne des ménages indique que les investissements sur le marché du logement pourraient se renforcer à mesure que la pandémie s’atténuera, a révélé la recherche.

Pourtant, malgré de solides données dans le secteur de la fabrication et du logement, les investissements des entreprises ont semblé se heurter à un mur. Les dépenses des entreprises en machinerie, équipements etstructures non résidentielles ont stagné à environ 14 % en dessous des niveaux d’avant la COVID-19, révèle ce rapport, ce qui annonce des problèmes pour le développement économique à long terme.

« Bien qu’il y ait des signes prometteurs, l’investissement des entreprises est encore trop faible », a estimé Joe Brusuelas, économiste en chef de RSM aux États-Unis, dans le communiqué. « C’est quelque chose qui ralentit le potentiel de croissance économique. » Le renforcement de la main-d’œuvre et de sa capacité à produire des articles de valeur diversifiés sera essentiel pour attirer des capitaux à long terme, poursuit le rapport, qui recommande également des dépenses dans des programmes qui augmentent la productivité de la main-d’œuvre.

Le gouvernement devrait investir dans la productivité par l’entremise de mesures telles que l’extension universelle de la couverture à large bande, les services de garde d’enfants, le logement et la sécurité nutritionnelle, a fait valoir M. Brusuelas. « Ces engagements, associés à la capacité des jeunes générations à travailler à distance, permettront une croissance soutenue », a-t-il affirmé.

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