Washington met en garde les entreprises contre des «risques croissants» à Hong Kong

Grâce à sa réglementation favorable aux entreprises, à son respect pour l’État de droit et à sa proximité avec le vaste marché intérieur chinois, Hong Kong est devenu l’un des principaux carrefours d’échanges commerciaux dans le monde.
Photo: Anthony Wallace Agence France-Presse Grâce à sa réglementation favorable aux entreprises, à son respect pour l’État de droit et à sa proximité avec le vaste marché intérieur chinois, Hong Kong est devenu l’un des principaux carrefours d’échanges commerciaux dans le monde.

Les États-Unis ont lancé un avertissement vendredi à destination des entreprises américaines quant à l’existence de « risques croissants » pour leurs opérations à Hong Kong, après la mise en place de restrictions par Pékin visant ce centre financier historique.

Les entreprises devraient « être conscientes de potentiels risques de réputation, réglementaires, financiers, et dans certains cas judiciaires, associés à leurs opérations à Hong Kong », souligne l’avertissement.

« Pékin a porté atteinte à la réputation de gouvernance transparente et de respect des libertés individuelles de Hong Kong, et a rompu sa promesse de conserver le haut degré d’autonomie de Hong Kong inchangé pendant 50 ans », a affirmé le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dans un communiqué. « Aujourd’hui nous envoyons un message clair que les États-Unis se tiennent de manière résolue avec les Hongkongais », a ajouté le secrétaire d’État.

Le document reconnaît que Hong Kong, une ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997, « conserve beaucoup de différences économiques » par rapport au reste de la Chine, notamment de plus fortes protections de la propriété intellectuelle.

Il met en exergue cependant un climat changeant avec la nouvelle loi sur la sécurité nationale, soulignant notamment l’arrestation d’un citoyen américain, John Clancey, un avocat réputé dans le domaine des droits de la personne.

Un risque accru existe également pour les données privées selon Washington qui dénote un manque de transparence et d’accès à l’information, prenant pour exemple la fermeture d’un journal populaire, l’Apple Daily, considéré comme une épine dans le pied des autorités.

« Soulever un rocher »

L’avertissement affirme en outre que les entreprises étaient plus susceptibles d’encourir des sanctions américaines mises en place en réponse aux inquiétudes des États-Unis sur la situation des droits de la personne.

Des dizaines de personnes, comme le magnat des médias Jimmy Lai, ainsi que des élus et des militants prodémocratie, ont été inculpées au nom de la nouvelle loi sur la sécurité nationale qui prohibe notamment la subversion. Pékin a imposé cette loi en juin 2020 après des manifestations de grande ampleur qui demandaient la sauvegarde des droits fondamentaux promis à Hong Kong avant la rétrocession de 1997.

Le long fleuve de l’histoire a prouvé un nombre incalculable de fois que la victoire doit appartenir à l’irréductible peuple chinois

Les États-Unis ont déjà imposé des sanctions sur plusieurs officiels chinois, dont la plus haute responsable à Hong Kong, la pro-Pékin Carrie Lam.

Le directeur du bureau chinois des affaires de Hong Kong et Macao, Xia Baolong, a déclaré vendredi que des sanctions n’auraient pour résultat que de « provoquer notre colère ». « Vous ne feriez rien d’autre que soulever un rocher pour le laisser tomber lourdement sur vos pieds », a-t-il déclaré. « Le long fleuve de l’histoire a prouvé un nombre incalculable de fois que la victoire doit appartenir à l’irréductible peuple chinois ! » a affirmé M. Xia dans un discours.

Tensions grandissantes

Grâce à sa réglementation favorable aux entreprises, à son respect pour l’État de droit et à sa proximité avec le vaste marché intérieur chinois, Hong Kong est devenu l’un des principaux carrefours d’échanges commerciaux dans le monde.

Depuis la mise en place de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, un nombre croissant d’entreprises internationales ont annoncé leur intention de quitter Hong Kong ou d’y réduire leur présence en salariés. Un sondage de la Chambre américaine de commerce à Hong Kong, une organisation indépendante d’entreprises, affirme que 42 % de ses membres réfléchissent à quitter la ville ou comptent déjà le faire.

Les relations sino-américaines se sont fortement détériorées ces dernières années, Pékin affirmant de plus en plus son pouvoir à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières.

Mais un responsable du département d’État a affirmé vendredi que les États-Unis « continueront à explorer les possibilités » de rencontres avec des représentants chinois, tant que les discussions sont « substantielles et constructives pour nos objectifs ».

Cette déclaration intervient au moment où la numéro deux de la diplomatie américaine, Wendy Sherman, s’apprête à effectuer une tournée en Asie, même si le département d’État n’a pas annoncé d’étape en Chine.

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