Du lèche-vitrine de quartier, mais en ligne à Montréal

Les produits achetés en ligne par le biais de la plateforme Cercle local peuvent être livrés à domicile à vélo.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les produits achetés en ligne par le biais de la plateforme Cercle local peuvent être livrés à domicile à vélo.

Au moment où se multiplient les vitrines Web et les plateformes d’achat en ligne pour commerces et produits québécois, Cercle local lance une nouvelle variation : des marchés virtuels de quartiers de Montréal.

C’est un peu comme se promener de boutique en boutique dans le Mile-End ou le Plateau-Mont-Royal, illustre le cofondateur de Cercle local, David Habak. Sur la plateforme Web, les visiteurs peuvent choisir l’un de ces deux quartiers pour voir des catalogues d’une trentaine de commerces de toutes sortes. Une barre de recherche permet de trouver des produits plus précis.

« On priorise les boutiques qui mettent l’accent sur des produits fabriqués localement », assure M. Habak. Il essaie, par exemple, d’éviter les articles faits en Chine, qu’on peut retrouver dans des magasins relayés par d’autres plateformes, comme Le Panier bleu.

M. Habak n’en est pas à sa première entreprise. Il a notamment fondé, en janvier 2019, l’application Rinse, qui permettait aux amateurs de transport actif de trouver un lieu, comme un gym ou un studio de yoga, où prendre leur douche en arrivant à destination. Avec la pandémie, ce jumelage est actuellement caduc. L’entrepreneur s’est donc plutôt intéressé, ce printemps, à faire la promotion des commerces locaux, afin qu’ils ne soient pas « empoisonnés » par Amazon.

Livraison à vélo

Il n’est pas possible de faire des achats directement sur Cercle local, qui dirige plutôt les clients vers les sites transactionnels des commerçants. L’équipe de M. Habak a toutefois mis en place un service de livraison à vélo pour ses membres, en association avec l’entreprise Chasseurs Courrier, dans un rayon de 5 km autour des quartiers. Cet aspect a attiré une quinzaine d’adhérents.

« Notre autre option est de livrer avec Postes Canada, mais la livraison à vélo est plus écologique, plus rapide et moins chère, affirme Anne-Marie Laflamme, cofondatrice de la boutique de vêtements Atelier B. Ça revient à 6 $ la livraison, au lieu de 10 $ par la poste. »

« On a eu un mois de novembre exceptionnel et on n’était plus capable de livrer partout nous-mêmes », souligne pour sa part Maude St-Louis, copropriétaire de Bref, qui s’occupe elle-même des livraisons les plus proches de sa boutique d’objets d’art et design. Elle s’est inscrite à Cercle local au début décembre.

Mme Laflamme, tout comme d’autres commerçants, souligne qu’il n’aurait pas été avantageux de faire affaire avec des livreurs à vélo sans l’apport de Cercle local, qui dit se prendre « un petit pourcentage » du prix de la livraison. « C’est la force du nombre, le volume d’envoi lié à Cercle local qui nous permet d’avoir un bon prix avec Chasseurs Courrier », explique-t-elle.

Devant fermer leurs portes du 25 décembre au 10 janvier, la plupart des commerces désignés comme non essentiels devront se tourner uniquement vers la vente en ligne pendant cette période.

« La visibilité que peut donner la plateforme est bienvenue », indique Brice Salmon, vice-président de la papeterie Baltic Club.

M. Habak demande par ailleurs une contribution mensuelle volontaire pour figurer sur la plateforme. Il n’y a pour l’instant que deux quartiers à visiter sur Cercle local, mais M. Habak a l’intention d’en ajouter plusieurs autres prochainement.