La Banque Laurentienne se dote d’une présidente

La Banque venait d’annoncer une chute de son bénéfice au deuxième trimestre, plombé par un bond des provisions pour pertes sur prêts, forçant une réduction de 40% du dividende trimestriel.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La Banque venait d’annoncer une chute de son bénéfice au deuxième trimestre, plombé par un bond des provisions pour pertes sur prêts, forçant une réduction de 40% du dividende trimestriel.

La Banque Laurentienne a nommé Rania Llewellyn au poste de présidente et cheffe de la direction. Elle se joint à l’institution québécoise après une carrière de 26 ans à la Banque Scotia.

Mme Llewellyn a entamé son parcours professionnel à titre de caissière à temps partiel et a dernièrement quitté son poste de vice-présidente à la direction des paiements mondiaux pour entreprises. Elle deviendra « la première femme à diriger une grande banque canadienne », s’est réjouie La Laurentienne, septième banque au Canada selon l’actif.

La nouvelle présidente ne parle pas le français et prévoit de demeurer résidente de Toronto avec son époux et ses deux enfants. « Mme Llewellyn apprendra le français et passera également une grande partie de son temps à Montréal chaque mois, où se trouve le siège social de la banque », souligne Hélène Soulard, vice-présidente adjointe des communications, dans un courriel. « Depuis près de 175 ans, la Banque Laurentienne est enracinée au Québec et elle a l’intention de demeurer ainsi. »

Photo: Banque Scotia Rania Llewellyn

« Sa feuille de route témoigne de son dynamisme, ainsi que de ses capacités de fine stratège, axées sur l’expérience client et les résultats tangibles. À l’issue d’un processus de recherche rigoureux, nous sommes convaincus que Rania Llewellyn est l’agent de changement dont la Banque a besoin pour relever les défis auxquels elle est confrontée », a déclaré Michelle Savoy, membre du conseil d’administration de la Banque qui a dirigé le comité spécial chargé de la recherche du président et chef de direction.

Départ à la retraite

Née au Koweït d’un père égyptien et d’une mère jordanienne, Rania Llewellyn a immigré d’Égypte au Canada en 1992, après la guerre du Golfe. Elle remplace Stéphane Therrien, qui avait accepté d’assurer l’intérim durant les quatre derniers mois ayant suivi le départ de François Desjardins. M. Therrien retrouvera ses fonctions de vice-président directeur des services aux entreprises et particuliers.

L’annonce, en juin dernier, du départ à la retraite de François Desjardins, à l’âge de 49 ans, avait surpris la communauté financière, ce départ survenant en pleine incertitude économique causée par la crise sanitaire. Président depuis 2015, il avait engagé l’institution dans un vaste programme de transformation vers les services-conseils qui n’a pas été sans générer des tensions entre la direction et le personnel, tensions amplifiées par une négociation acrimonieuse avec les employés syndiqués.

La Banque venait d’annoncer une chute de son bénéfice au deuxième trimestre, plombé par un bond des provisions pour pertes sur prêts, forçant une réduction de 40 % du dividende trimestriel.

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