Hausse des taux d’inoccupation des centres-villes canadiens

Dans le centre-ville montréalais, le taux d’inoccupation a grimpé à 8,7%.
Photo: Nicolas McComber Getty Images Dans le centre-ville montréalais, le taux d’inoccupation a grimpé à 8,7%.

Les taux d’inoccupation des bureaux augmentent au Canada, les locataires cherchant de plus en plus à sous-louer les locaux dont ils n’ont pas besoin.

Les dernières statistiques publiées par la firme CBRE Canada montrent que la plupart des marchés de bureaux des centres-villes du pays ont enregistré une hausse des taux d’inoccupation au troisième trimestre. À Toronto, il est passé à 4,7 %, contre 2,7 % au deuxième trimestre, de 4,6 % contre 3,3 % à Vancouver. Dans le centre-ville montréalais, le taux d’inoccupation a grimpé à 8,7 %, contre 7,3 % au trimestre précédent.

Sur les 371 m2 d’espaces nouvellement inoccupés au troisième trimestre, environ 40 % étaient inscrits pour la sous-location, a précisé la société immobilière commerciale. Selon le vice-président de CBRE Canadan, Paul Morassutti, une augmentation de la disponibilité pour la sous-location annonce souvent une baisse des tarifs de location. Mais jusqu’à maintenant, les loyers moyens des espaces de bureaux de catégorie A, qui sont généralement les plus élevés, ont plutôt augmenté. À Toronto, les loyers nets ont grimpé à 35,90 $ par pied carré au troisième trimestre, comparativement à 34,77 $ il y a un an. Au centre-ville de Montréal, le loyer moyen d’un pied carré est passé de 23,99 $ l’été dernier à 24,51 $ au troisième trimestre de cette année.

8,7%
C’est l’augmentation du taux d’inoccupation des bureaux au centre-ville de Montréal, contre 7,3% au trimestre précédent.

Mais même si la sous-location a « considérablement augmenté », elle ne se trouve pas encore à un niveau qui est alarmant. « Lorsqu’on commence à voir des entreprises remettre de l’espace sur le marché, c’est toujours considéré comme une sorte de canari dans une mine de charbon pour le secteur des bureaux », a illustré M. Morassutti.

Il a cependant ajouté que la quantité d’espaces inoccupés exprimée en pourcentage des stocks totaux restait encore faible. « À tout point de vue historique, les taux d’inoccupation moyens sur nos principaux marchés sont encore assez bons. Il n’y a aucune raison de paniquer, mais l’élan a manifestement changé. »

Une étude de Cushman & Wakefield indique que les loyers demandés devraient commencer à diminuer d’ici la fin de l’année. Mais Chuck Scott, chef de la direction des activités canadiennes de la société immobilière mondiale, est optimiste et s’attend à une reprise complète d’ici 2024. « Le bureau ne disparaîtra pas », notant que la forte croissance de l’emploi prévue pendant la reprise postpandémique devrait relancer la demande. M. Scott croit que la « “dédensification” des espaces de bureaux contrebalancera la perte de travailleurs qui continueront de travailler à distance. »

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