Cogeco: les promesses de Rogers ne changent rien

En début de journée, le géant des télécommunications Rogers y était allé d’une offensive en dévoilant une série d’engagements s’il parvenait à mettre le grappin sur les actifs canadiens de Cogeco et sa principale filiale, Cogeco Communications.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir En début de journée, le géant des télécommunications Rogers y était allé d’une offensive en dévoilant une série d’engagements s’il parvenait à mettre le grappin sur les actifs canadiens de Cogeco et sa principale filiale, Cogeco Communications.

Les promesses de Rogers à l’endroit du Québec advenant l’acquisition de Cogeco ne changent rien à la stratégie de l’entreprise québécoise et à la perception du gouvernement Legault vis-à-vis de l’offre hostile de 10,3 milliards du géant torontois et d’Altice USA.

Ayant fermé la porte à sa vente, la société contrôlée par la famille Audet, qui refuse de céder, « demeure concentrée à réaliser sa stratégie de croissance profitable » et à poursuivre ses investissements, a-t-elle fait valoir dans une déclaration envoyée par courriel. « Rogers peut investir autant qu’elle le souhaite au Québec, mais elle n’a pas besoin de Cogeco pour le faire. À défaut d’investir, les concurrents de Rogers lui voleront ses clients de services mobiles, et ce, avec ou sans 5G. »

En début de journée, le géant des télécommunications Rogers y était allé d’une offensive en dévoilant une série d’engagements s’il parvenait à mettre le grappin sur les actifs canadiens de Cogeco et sa principale filiale, Cogeco Communications. Parallèlement au maintien de la marque et du siège social montréalais, la compagnie ontarienne a notamment promis de créer 300 emplois grâce à la mise sur pied d’un centre d’innovation au Québec et de conserver l’ensemble des employés de l’entité combinée en sol québécois, soit environ 5000 personnes. Des investissements de 3 milliards au cours des cinq prochaines années sont prévus, même si on ignore pour le moment ce qui constituerait de l’argent neuf par rapport à ce qui est déjà prévu.

« Nous serions honorés de participer à l’amélioration de l’expérience client au Québec et d’effectuer de nouveaux investissements, y compris des investissements dans la 5G, qui transformeront fondamentalement le paysage économique », a fait valoir le président et chef de la direction de Rogers, Joe Natale, dans un communiqué.

Statu quo

Interrogé en marge d’une annonce, le ministre québécois de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, n’a pas changé son fusil d’épaule en affirmant appuyer « totalement » les orientations de la famille Audet. « Pour moi, aujourd’hui, le débat est clos pour l’instant. Présentement, Louis Audet [le président exécutif des conseils d’administration de Cogeco et de Cogeco Communications], avec qui j’ai eu beaucoup de conversations, et sa famille ont décidé que Cogeco va rester indépendant. Pour moi, c’est une bonne nouvelle au moment où on se parle. »

Mardi, le ministre avait présenté une motion, adoptée unanimement par l’Assemblée nationale, soulignant entre autres le « rôle important » joué par Cogeco dans les secteurs des médias et des télécommunications au Québec et « l’importance du maintien du siège social » au Québec.

La mécanique de l’offre d’Altice USA et Rogers prévoyait un partage des actifs de Cogeco et de sa principale filiale. Atlantic Broadband se retrouverait dans le giron de l’entreprise américaine alors que les actifs canadiens seraient revendus à Rogers. On propose 800 millions à Gestion Audem, la société de la famille Audet, en échange de ses actions à droit de vote multiple.

Rogers, qui détient respectivement 41 % et 33 % des actions avec droit de vote subalterne de Cogeco et Cogeco Communications, avait tenté d’effectuer une incursion en territoire québécois en essayant en vain d’acheter Vidéotron.

Peu de temps après le dévoilement de l’offre hostile pour Cogeco, le 2 septembre dernier, le gouvernement Legault avait rapidement exprimé son opposition à une transaction. Plus tôt cette semaine, la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui détient 21 % de la division américaine de Cogeco, avait exprimé son appui à la famille Audet en décochant une flèche à Rogers et Altice. La Caisse est également actionnaire de ces deux compagnies.

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