L’emploi sera plus durement touché par la pandémie que prévu

Le directeur général de l'Organisation internationale du travail, Guy Ryder
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Le directeur général de l'Organisation internationale du travail, Guy Ryder

La pandémie a eu un impact « catastrophique » et bien plus grave sur l’emploi que prévu, a mis en garde mercredi Guy Ryder, le patron de l’Organisation internationale du travail (OIT). « De nombreux pays ont toujours du mal à contrôler la pandémie », a noté M. Ryder au cours d’une conférence de presse.

L’OIT s’est donc vue forcée de revoir de façon radicale les projections de reprise du marché du travail faites à la fin juin et qui s’avèrent aujourd’hui beaucoup trop optimistes devant la résurgence de la COVID-19 dans de nombreux pays. Ainsi, la semaine du 14 au 20 septembre a vu un nombre record de 2 millions de nouveaux cas, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), même si celui des décès diminue.

Les dernières projections de l’OIT pour les trois derniers mois de l’année prévoient désormais une baisse globale des heures travaillées de 8,6 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est à comparer à ladiminution de 4,9 % que prévoyait l’organisation onusienne lors de ses dernières prévisions en juin. Cette nouvelle estimation correspond à la perte de 245 millions d’emplois à temps plein, un peu moins du double des 140 millions estimés en juin.

« Il est très clair qu’il y a un lien intime entre notre performance en matière de santé et notre performance socio-économique », a souligné Guy Ryder, mettant en garde ceux qui opposent les deux.

L’OIT souligne aussi que « l’une des raisons qui expliquent ces augmentations estimées des pertes en heures travaillées réside dans le fait que, dans les pays en développement et dans les pays émergents, les travailleurs ont été beaucoup plus touchés que par les crises précédentes, notamment les personnes évoluant dans l’économie informelle ».

Sur les neuf premiers mois de l’année, l’OIT estime que le montant total des revenus du travail a baissé de 10,7 % (3500 milliards) si on compare à la période janvier-septembre 2019, hors mesures de soutien des États.