DBRS maintient le triple A du Canada

L'agence de notation financière DBRS salue d’entrée de jeu l’action dynamique de la Banque du Canada afin de soutenir l’économie et de stabiliser les marchés.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne L'agence de notation financière DBRS salue d’entrée de jeu l’action dynamique de la Banque du Canada afin de soutenir l’économie et de stabiliser les marchés.

DBRS Morningstar maintient la cote AAA du Canada avec perspectives stables. L’agence croit en la capacité du Canada d’absorber le choc pandémique et de faire face aux défis qui en découlent. La notation est toutefois tributaire de l’évolution de la crise sanitaire et un abaissement viendrait aussi d’une atténuation de l’engagement d’Ottawa face au rétablissement de l’équilibre fiscal.

D’entrée de jeu, DBRS retient que, malgré le choc de la pandémie, le Canada conserve une certaine marge de manœuvre lui permettant de recourir à une stimulation fiscale temporaire sans devoir perdre son triple A. L’agence parle également d’un solide rebond de l’activité économique en cours depuis le creux d’avril, alimenté notamment par les programmes de soutien appliqués en réponse à la pandémie, qualifiés d’adéquats dans les circonstances. Elle retient la prévision de l’OCDE d’un recul de 5,8 % du PIB cette année suivi d’une reprise de 4,1 % en 2021.

Selon les projections d’Ottawa, le déficit du gouvernement fédéral atteindra les 343 milliards au terme de l’exercice 2020-2021, soit l’équivalent de 15,9 % du PIB, contre 34 milliards ou 1,5 % du PIB au cours de l’exercice précédent. Cette montée reflète cependant l’impact des principaux programmes mis sur pied pour atténuer le choc de la pandémie, chiffré à 228 milliards ou à 10,6 % du PIB. Ces actions se veulent temporaires et les modifications apportées au programme d’assurance-emploi appelé à prendre la relève de la prestation d’urgence prévoit un coût de 29 milliards sur deux ans, soit l’équivalent de 1,3 % du PIB.

Certes, l’endettement public est appelé à croître. DBRS reprend ici les projections du FMI chiffrant le ratio dette/PIB cumulant la dette des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux à 109 % en 2020 contre 89 % en 2019. Mais l’essentiel des programmes est temporaire, rappelle DBRS. De plus, le Canada est entré dans la pandémie avec des finances publiques en bon état et le coût du financement de la dette demeure bas, avec un taux nominal des obligations à échéance de dix ans se maintenant en moyenne autour des 0,6 % au cours des six derniers mois. Résultat, « le coût du service de la dette demeure à un niveau confortable malgré un endettement accru ».

Dans son analyse, l’agence consacre quelques chapitres au système bancaire canadien pour dire qu’il offre la solidité nécessaire pour répondre à la pandémie. Elle salue d’entrée de jeu l’action dynamique de la Banque du Canada afin de soutenir l’économie et de stabiliser les marchés, et les mesures appliquées par les différentes agences de régulation visant à circonscrire l’impact de l’endettement élevé des ménages. Pour leur part, les banques ont appliqué des reports de paiement évalués à 264 milliards, ou à 8,5 % de l’encours brut des prêts cumulés, qui s’appuient sur la constitution de provisions et sur la diversité des sources de revenus des banques. Dans le secteur hypothécaire, 88 % des prêts bancaires en cours sont assurés. Pour ceux qui ne le sont pas, le ratio prêt/valeur marchande se situe sous les 80 %, retient-elle.

 

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