Offensive de la part de membres contre la privatisation de MEC

Le conseil d’administration de MEC a annoncé le 14 septembre que Kingswood Capital Management se portera acquéreur de ses éléments d’actif, y compris d’au moins 17 des 22 magasins de la coopérative.
Photo: Jonathan Hayward Archives La Presse canadienne Le conseil d’administration de MEC a annoncé le 14 septembre que Kingswood Capital Management se portera acquéreur de ses éléments d’actif, y compris d’au moins 17 des 22 magasins de la coopérative.

L’offensive visant à empêcher la privatisation de Mountain Equipment Co-op (MEC) prend de l’ampleur. L’opposition affirme avoir recueilli 100 000 signatures en soutien à ses démarches visant à stopper la vente à un fonds d’investissement américain.

La nouvelle est tombée le 14 septembre. Le conseil d’administration du détaillant de matériel de plein air MEC annonce que Kingswood Capital Management se portera acquéreur de ses éléments d’actif, y compris d’au moins 17 des 22 magasins de la coopérative, forte de plus de cinq millions de membres. La pandémie avait préalablement forcé l’entreprise de Vancouver à se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Cette privatisation s’est vite heurtée à la grogne de membres voulant sauver la structure coopérative de l’entreprise. « Nous ne nions pas que la situation financière de MEC était difficile, souligne la porte-parole d’un regroupement des membres derrière la campagne SaveMEC/SauvonsMEC, Marie-Hélène Viau. Mais nous considérons que le conseil d’administration a failli à sa responsabilité de représenter les intérêts des membres, de les consulter et de les informer en reportant l’assemblée générale annuelle qui devait avoir lieu au printemps dernier, en décidant unilatéralement de se placer sous la LACC et en négociant en même temps derrière des portes closes une vente à une entreprise privée étrangère. »

Mme Viau évoque une pétition comprenant à ce jour quelque 10 000 membres signataires. Une pétition ouverte à tous, lancée sur la plateforme Change.org, a recueilli quelque 100 000 signatures, ajoute le groupe, qui a également lancé une campagne GoFundMe afin de couvrir les frais juridiques. L’objectif de 50 000 $ a été dépassé, le fonds ayant recueilli 75 000 $ en quatre jours, précise la porte-parole.

« Nous avons retenu les services du cabinet Victory Square Law Office pour défendre les réels propriétaires de la coopérative et pour exiger la tenue d’une assemblée extraordinaire à l’audience prévue le 28 septembre à Vancouver dans le cadre de la procédure de la LACC. » Selon l’interprétation que l’on en fait, les règlements de la coopérative prévoient toutefois un minimum de 500 membres ou de 5 % des membres (plus de 250 000) nécessaires pour répondre à une telle demande. « Jeudi, le regroupement saura si la demande de pouvoir représenter les plus de cinq millions de membres est approuvée », précise-t-elle.

La direction de MEC a invoqué pour sa part l’urgence de la situation. « Si les discussions avaient été publiques, elles auraient causé de l’incertitude et des perturbations non seulement au sein de MEC, mais aussi avec les fournisseurs et les créanciers », qui auraient pu nuire irrémédiablement à l’organisation, écrit l’entreprise sur son site.

MEC ajoute qu’elle éprouve des difficultés de rentabilité croissantes depuis 2016, et que la pandémie l’a poussée dans une situation d’insolvabilité. « Elle a cherché à obtenir un refinancement auprès de plus de 65 prêteurs potentiels, a exploré et exploité de manière proactive les programmes de soutien gouvernementaux applicables et a examiné les possibilités de financement volontaire par les membres de MEC. Au bout du compte, la vente s’avérait la seule solution pour sauver MEC de la faillite. »

Les membres réfractaires n’acceptent pas cette version. « Le travail n’a pas été fait pour sauver la coop. Nous n’étions pas obligés de privatiser », insiste Marie-Hélène Viau.

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