Le stress financier reste bien ressenti

Près d’un client sur quatre des principales sociétés de cartes de crédit n’a pas été en mesure d’effectuer des paiements mensuels ce printemps.
Photo: Martine Doucet Getty Images Près d’un client sur quatre des principales sociétés de cartes de crédit n’a pas été en mesure d’effectuer des paiements mensuels ce printemps.

Il y a eu amélioration par rapport à juin, mais ils sont encore trois Québécois sur dix à subir la pression financière liée à la COVID-19.

Les résultats du sondage Ipsos réalisé en septembre pour le cabinet de services professionnels en insolvabilité MNP indiquent que 30 % des répondants se disent toujours « aux prises avec des perturbations dans leur propre situation professionnelle ou dans celle d’un autre membre de leur ménage, que ce soit par un salaire ou un horaire réduit, ou encore un licenciement ». La proportion demeure donc élevée six mois après le début de la pandémie, même si elle s’inscrit en recul de 12 points de pourcentage par rapport au constat de juin.

Rappelons que la lecture de juin proposée par MNP pouvait témoigner du niveau de stress financier qui prévalait déjà avant l’expansion de l’éclosion de la COVID-19. Ainsi 41 % déclaraient être à 200 $ ou moins de l’insolvabilité, un recul de 11 points par rapport à une lecture prépandémie. MNP voyait deux explications à ce répit. D’abord, la mise en place de programmes de soutien des revenus et les reports de paiement appliqués par les institutions et créanciers. Ensuite, les économies ou les dépenses moindres découlant du confinement, de la mise en pause de grands pans de l’économie et du télétravail. « En moyenne, après avoir payé leurs factures et réglé leurs obligations financières, les Québécois se retrouvent à la fin du mois avec 218 $ de plus qu’au début de mars », indiquait le cabinet.

Mais, pour ajouter au portrait d’ensemble, dans une autre enquête réalisée en mai et juin auprès de plus de 6700 titulaires de cartes et menée cette fois par J.D. Power, près d’un client sur quatre des principales sociétés de cartes de crédit n’a pas été en mesure d’effectuer des paiements mensuels ce printemps.

Le sondage Ipsos de septembre montre que le stress financier demeure bien ressenti. Notamment, 8 % des répondants doivent composer avec un horaire ou un salaire réduit (une proportion en baisse de 6 points par rapport à juin) et 6 % affirment vivre avec une personne qui se trouve dans la même situation (un taux inchangé par rapport à juin). De plus, environ 5 % des répondants déclarent avoir dû reporter des paiements de factures, de cartes de crédit et d’impôts. « Cela correspond à environ 428 000 Québécois », estime MNP.

Ce pourcentage atteint 7 % à l’échelle canadienne, ce qui correspond à environ deux millions de Canadiens. Il « grimpe à 11 % pour les personnes qui sont locataires. Chez les propriétaires, 5 % déclarent avoir reporté leurs paiements hypothécaires ».

Toujours à cette dernière échelle, 45 % des répondants bénéficiant de l’aide financière gouvernementale en raison de la COVID-19 soulignent qu’ils devront s’endetter davantage lorsque les mesures d’allègement seront retirées. Constat plus sombre, 11 % des répondants bénéficiant de cette aide prévoient déclarer faillite lorsque les prestations cesseront, une proportion en hausse de 5 points par rapport à juin. Et 10 % auront recours à la proposition de consommateur, en hausse de 3 points.

Le sondage Ipsos a été mené entre le 1er et le 3 septembre auprès d’un échantillon de 2001 Canadiens d’au moins 18 ans. Les résultats comportent une marge d’erreur de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.

À voir en vidéo